L'investiture du président serbe boycottée par les pays voisins

L'investiture du nouveau président serbe, Tomislav Nikoli?, a eu lieu hier (11 juin), lors d'une cérémonie à Belgrade marquée par l'absence des chefs d'Etat des pays voisins. Ils ont décidé de ne pas se rendre à l'évènement après que M. Nikoli? a refusé d'admettre que le massacre de Srebrenica était un génocide. EURACTIV Serbie a contribué à cet article.

EURACTIV.com
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L'investiture du nouveau président serbe, Tomislav Nikoli?, a eu lieu hier (11 juin), lors d'une cérémonie à Belgrade marquée par l'absence des chefs d'Etat des pays voisins. Ils ont décidé de ne pas se rendre à l'évènement après que M. Nikoli? a refusé d'admettre que le massacre de Srebrenica était un génocide. EURACTIV Serbie a contribué à cet article.

 

Sur les huit dirigeants des pays voisins, seul Filip Vujanovi? du Monténégro, la dernière république yougoslave à avoir fait sécession de la Serbie en 2006, a participé à la cérémonie.

 

M. Nikoli? a été élu le 20 mai dernier. Lors d'une interview accordée à la télévision monténégrine le 1er juin, il a affirmé que le bain de sang de Srebrenica (voir « Contexte ») était un crime de guerre commis par des Serbes qui devraient être renvoyés devant les tribunaux. Il a toutefois souligné qu'aucun génocide n'avait été commis, ce qui a suscité l'indignation de la Commission européenne.

 

La presse régionale a surtout remarqué l'absence des dirigeants des autres anciennes républiques yougoslaves, dont le Croate Ivo Josipovi?, le Slovène Danilo Turk, le Macédonien Djordje Ivanov et Bakir Izetbegovi? qui exerce actuellement la présidence tournante de la Bosnie-Herzégovine.

 

La Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, trois Etats membres de l'UE voisins de la Serbie, n'ont pas non plus envoyé de délégation.

 

Du côté de l'UE, le commissaire à l'élargissement, Štefan Füle, a participé à l'événement, véhiculant le message que le nouveau chef d'Etat serbe avait toujours l'occasion de démontrer son attachement aux valeurs européennes et à l'avenir européen de son pays.

 

M. Nikoli? a travaillé pendant des années aux côtés de l'ultranationaliste Vojislav Šešelj, le leader du Parti radical serbe, qui est aujourd'hui poursuivi pour crime de guerre à La Haye.  En 2008, M. Nikoli? a changé son fusil d'épaule en créant le Parti progressiste et en adoptant une approche plus pro-européenne.

 

Regarder à l'Est et à l'Ouest

 

Lors de son discours de remerciement, M. Nikoli? a déclaré que l'avenir de la Serbie était au sein de l'UE. Il a promis de coopérer avec toute personne qui pourrait être bénéfique pour son pays et d'adopter une politique de paix, de stabilité et de coopération dans la région. « Je vais bâtir des amitiés à travers le monde, car la Serbie ne peut se permettre d'avoir des ennemis. Le chemin européen de la Serbie est celui du futur, de la prospérité économique et j'aiderai la Serbie à avancer sur cette voie », a affirmé M. Nikoli?. Il a assuré qu'il travaillerait « avec tout le monde, autant à l'Est qu'à l'Ouest, car la Serbie ne peut qu'en ressortir gagnante, elle n'a rien à perdre ».

 

Après son élection, M. Nikoli? a symboliquement choisi la Russie comme destination de son premier voyage officiel et il a tenu des propos favorables à M. Poutine en utilisant des formulations qui rappellent l'époque stalinienne.

 

Il a déclaré qu'il protégerait la constitution, respecterait et conserverait l'intégrité territoriale de la Serbie et tenterait de rassembler toutes les forces politiques du pays pour élaborer et mettre en oeuvre une politique commune sur le Kosovo, une ancienne province serbe dont Belgrade ne reconnaît toujours pas l'indépendance.

 

Le 7 juin, après une montée de la violence au Kosovo, M. Nikoli? a exhorté les Serbes de la région à rester calmes « face aux actes de provocation » et à ne pas se montrer violents envers les membres des organisations militaires et civiles internationales présentes sur le terrain.

 

« Le gouvernement serbe et toutes les institutions de notre pays doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les citoyens serbes qui vivent au Kosovo et garantir le respect de leurs droits », a-t-il martelé lors d'une réunion avec les présidents des quatre municipalités du nord du Kosovo peuplées par des Serbes.

 

Les décideurs politiques serbes travaillent à la formation d'un gouvernement. Le 6 juin dernier, Boris Tadi?, qui a perdu l'élection face à M. Nikoli? et dirige le Parti démocratique pro-européen, a informé le président que la coalition qu'il tentait de former était très proche de la majorité parlementaire.

 

M. Nikoli? prévoit de se rendre à Bruxelles le 14 juin prochain.