L'intégration européenne divise les libéraux
Les libéraux européens viennent de lancer officiellement les candidatures à l'issue d'un rassemblement à Londres. Graham Watson, le président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), explique à EURACTIV sa vision sur les divisions internes du parti.
Les libéraux européens viennent de lancer officiellement les candidatures à l'issue d'un rassemblement à Londres. Graham Watson, le président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), explique à EURACTIV sa vision sur les divisions internes du parti.
« Par le passé, la ligne de démarcation au sein de la famille libérale avait tendance à se situer entre le libéralisme économique et ldu libéralisme social. Ce n'est plus le cas depuis longtemps », estime Graham Watson.
« La pomme de discorde actuelle porte sur la rapidité de la construction européenne », déclare-t-il.
Deux libéraux ont déjà annoncé officieusement leur candidature à la présidence de la Commission : Guy Verhofstadt, le chef du groupe ADLE au Parlement, et Olli Rehn, le commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires.
L'appel aux candidatures est officiellement lancé à l'issue du congrès, le 30 novembre, et durera jusqu'au 20 décembre.
Certains souhaitent une approche fédéraliste et d'autres une approche plus graduelle. C’est sur point où réside la différence principale entre les deux candidats, estime l'eurodéputé britannique. « Ce sera intéressant de voir la tournure que prennent les évènements. »
L'ancien commissaire européen néerlandais Frits Bolkestein a lancé une attaque blessante à l'égard de Guy Verhofstadt. Ce qui révèle des tensions au sein de la famille libérale avant les élections européennes de l'année prochaine.
Guy Verhofstadt et ses partisans pour un fédéralisme européen constituent un plus grand danger pour l'Union européenne que les eurosceptiques, selon Frits Bolkenstein lors d’un entretien récent.
Élections
Graham Watson est moins pessimiste qu'auparavant quant aux résultats escomptés lors des prochaines élections européennes en mai 2014. Et ce, même si le FDP a subi une débâcle lors des dernières élections législatives en Allemagne.
« Le FDP a mené une campagne particulièrement médiocre, à l'issue d'une longue période de déclin au sein du parti. Je déplore évidemment les résultats, mais regardez la Norvège, la République tchèque et le Luxembourg, où nous sommes sur le point d'avoir le quatrième premier ministre : il ne s'agit pas d'une tendance évidente [de déclin] » explique-t-il.
« Il y a six mois, j'étais assez pessimiste quant à la taille du groupe libéral au prochain Parlement européen. Je ne le suis plus vraiment. Je pense que nous sommes mieux organisés qu'auparavant dans de nombreux pays », affirme-t-il.
Les libéraux ont souvent joué un rôle d’influence au sein du Parlement européen, surtout lors des dernières législatures. Les politologues estiment toutefois que la montée éventuelle d'eurosceptiques à l'assemblée pourrait modifier l'équilibre qui a permis jusqu'à présent aux libéraux de conserver leur forte position.
« À mes yeux, il serait difficile d'imaginer un parlement dans lequel plus de 20 % des députés appartiennent à des partis extrémistes ou populistes », poursuit-il. Il avoue toutefois que cette hypothèse modifierait la manière de constituer les coalitions.
En vue d'adopter un texte, « vous avez besoin de 62 % de l'ensemble des députés du processus de codécision, soit 70 % des députés présents. […] Une coalition entre le PPE, le S&D et les libéraux est nécessaire pour obtenir 70 % », assure Graham Watson.
Manifeste pragmatique
Le président de l'ADLE explique que le manifeste pour les élections européennes sera plus pragmatique que celui de 2009.
« En 2009, nous vivions encore dans un état d'esprit de prospérité, nous n'étions pas conscients de la gravité et de la profondeur de la récession. Nous constatons à présent que dix années seront nécessaires pour retrouver une situation économique normale », selon lui. « Nous vivons dans un monde beaucoup plus rude et le commerce est la seule manière […] d'améliorer notre économie.»
Graham Watson précise que l'UE ne peut retrouver le chemin du redressement en renforçant le marché unique et en utilisant le commerce comme moteur de la croissance économique. Ce point sera fortement mis en avant dans le manifeste que le candidat à la présidence de la Commission devra soutenir et plaider.