L'industrie laitière va toucher des compensations après l'embargo russe
La Commission européenne va soutenir financièrement les producteurs européens. Objectif : augmenter les capacités de stockage pour le beurre, le lait écrémé en poudre et le fromage afin de diminuer les répercussions de l'embargo russe sur les importations alimentaires.
La Commission européenne va soutenir financièrement les producteurs européens. Objectif : augmenter les capacités de stockage pour le beurre, le lait écrémé en poudre et le fromage afin de diminuer les répercussions de l’embargo russe sur les importations alimentaires.
À la suite de l’embargo russe, l’Union européenne veut éviter d’être confrontée à nouveau aux phénomènes « des lacs de lait », issus de la surproduction de produits alimentaires. La Commission européenne a recours à une mesure prévue dans la politique agricole commune (PAC), à savoir l’aide au stockage privé. Le but est de contribuer financièrement à l’extension des capacités de stockage de trois à sept mois, pour le beurre, le lait écrémé en poudre et différents types de fromage. La Russie a en effet interdit l’importation de certaines denrées alimentaires et boissons en réponse aux sanctions occidentales à la crise ukrainienne, ce qui pourrait poser des problèmes pour l’écoulement des produits agricoles européens.
La Commission n’a cependant pas encore précisé le montant qu’elle compte allouer à l’industrie laitière.
Dacian Ciolo?, le commissaire européen en charge de l’agriculture, indique dans un communiqué que les différents États membres ont enregistré des pertes sur les ventes de produits laitiers et la demande en nouvelle capacité de stockage se fait de plus en plus pressante. Il ajoute que la Commission européenne est disposée « à agir de manière préventive afin de stabiliser le marché ».
La Russie est le premier pays de destination des exportations européennes pour la viande et les produits laitiers. En 2013, les exportations vers la Russie équivalaient à 2,3 milliards d’euros.
Baisse des prix de 30 %
Malgré l’engagement financier de la Commission, la Copa-Cogeca, l’organisation qui représente les agriculteurs et les coopératives, a lancé un appel pour obtenir une aide supplémentaire :
« La baisse des prix du lait atteint dans certains cas 30 % », indique Pekka Pesonen, le secrétaire général de la Copa-Cogeca. « Des mesures supplémentaires seront donc déterminantes. Il est également crucial de rechercher activement de nouveaux débouchés pour nos produits et d’accélérer les campagnes de promotion afin de stimuler une nouvelle demande », explique-t-il.
Outre les mesures d’urgence de soutien du marché pour l’industrie laitière, la Commission a annoncé en août qu’elle reverserait environ 32 millions d’euros aux producteurs de pêches et de nectarines, et 125 millions d’euros aux producteurs de fruits et de légumes périssables.
Les ministres de l’Agriculture se rencontreront le 5 septembre prochain pour discuter des répercussions de l’embargo russe et des mesures à prendre pour compenser les pertes.
Le commissaire Ciolo? présentera une analyse des conséquences à court et moyen terme de l’embargo russe sur le marché intérieur.