L’industrie automobile sur la défensive au sujet des mentions d’efficacité « trompeuses »
Les représentants européens de l’industrie automobile ont été déstabilisés par une nouvelle étude qui va à l’encontre d’affirmations éculées des fabricants, selon lesquelles des objectifs contraignants d’efficacité pour les carburants rendraient les véhicules hors de prix.
Les représentants européens de l’industrie automobile ont été déstabilisés par une nouvelle étude qui va à l’encontre d’affirmations éculées des fabricants, selon lesquelles des objectifs contraignants d’efficacité pour les carburants rendraient les véhicules hors de prix.
Une nouvelle étude effectuée par le groupe de pression Transport and Environment (T&E) montre qu'en moyenne, les véhicules vendus en Europe l'année dernière consommaient 4 % de carburant en moins, émettaient 4 % de CO2 en moins, et s'avéraient pourtant 2,5 % moins chers, en valeur réelle, que l'année précédente.
Le rapport de T&E s'est penché sur deux estimations des coûts effectuées pour la Commission européenne, en 2001 par AEA Technology et en 2006 par un consortium mené par TNO, deux entreprises de recherche et de conseil.
Les deux entreprises se sont appuyées sur des données fournies par l'industrie automobile.
Le rapport précédent soutenait qu'atteindre 140 g de CO2/km ferait augmenter le prix de détail d'une voiture neuve d'en moyenne 2 400 € ; la deuxième étude estimait cette augmentation à 1 200 €.
Mais en dépit d'une augmentation de l'efficacité des carburants, du fait de la réglementation européenne, le rapport a mis en évidence que les prix avaient constamment baissé annuellement.
Jos Dings, le directeur de T&E, a déclaré que l'UE devrait envisager les estimations des coûts « trompeurs » de l'industrie automobile « avec une marge d'erreur de la taille d'un quatre-quatre ».
L'industrie automobile s'est toujours opposée à une réglementation concernant les baisses de consommation de carburant, clamant que les voitures deviendraient « inaccessibles », a-t-il déclaré. « Mais les émissions des voitures sont maintenant tombées à 140 g de CO2/km et ce n'est tout simplement pas arrivé, les prix ont en réalité baissé en valeur réelle ».
Trois mille euros de plus pour une voiture ?
L'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles (ACEA), qui représente des fabricants tels que BMW, Daimler, Fiat, Ford et General Motors, avait auparavant déclaré qu'un objectif européen plus strict de 130 g de CO2/km d'ici 2012 « conduirait à une augmentation du prix d'une voiture jusqu'à 3 000 € ».
Cela entraînerait une perte d'emplois en Europe et la délocalisation d'usines automobiles en dehors de l'UE, avait-ils avancé.
Contacté par EURACTIV, le porte-parole de l'ACEA a envoyé une réponse écrite saluant les « grands progrès » effectués par l'industrie automobile dans la réduction des émissions de CO2.
Cela a été possible grâce à des facteurs tels que les délais de fabrication, le prix modéré, le soutien aux technologies de pointe, les modifications pertinentes de l'infrastructure, l'utilisation de carburants alternatifs, et la nécessité d'incitations du marché », a déclaré Sigrid de Vries.
L'absorption des coûts de l'efficacité des carburants par les constructeurs automobiles a été influencée par l'environnement économique, la demande des marchés, les modèles d'entreprise, la localisation de la fabrication et le rythme des dépenses en recherche et développement, selon elle.
« Il en sera de même à l'avenir », a-t-elle ajouté.
En 2009, l'UE a établi ses premières normes juridiquement contraignantes concernant les émissions de CO2 pour les voitures, et dès début 2012, les émissions des nouvelles voitures ne devront plus excéder 130 g de CO2/km.
La mise en application d'une norme pour 2015 de 120 g de CO2/km a également débuté. Pour 2020, Bruxelles a fixé un objectif de 95 g de CO2/km, qui devrait être confirmé en 2013. Cela se rapprocherait du scénario américain le plus ambitieux pour 2025.
Les voitures de particuliers représentent aujourd'hui 10 % des émissions mondiales de CO2.