L'impasse bosniaque se transforme en guerre froide
La situation politique en Bosnie Herzégovine est extrêmement inquiétante et il semble qu'on s'achemine désormais vers un conflit gelé dormant, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV Hido Biš?evi?, secrétaire général du Regional Cooperation Council for South Eastern Europe (RCC – Conseil de coopération régionale pour l'Europe du sud-est).
La situation politique en Bosnie Herzégovine est extrêmement inquiétante et il semble qu'on s'achemine désormais vers un conflit gelé dormant, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV Hido Biš?evi?, secrétaire général du Regional Cooperation Council for South Eastern Europe (RCC – Conseil de coopération régionale pour l'Europe du sud-est).
M. Biš?evi?, diplomate croate chargé du RCC basé à Sarajevo, le successeur du coordinateur spécial pour le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est, a déclaré que si l'impasse politique en Bosnie-Herzégovine persistait, cela aurait un impact négatif sur la coopération régionale dans les Balkans occidentaux et sur les perspectives d'adhésion à l'UE.
Pour être tout à fait honnête, je pense que la situation politique en Bosnie-Herzégovine en ce moment est très angoissante, extrêmement angoissante. Ce conflit paraît dormant, gelé, a dit M. Biš?evi?, comparant implicitement la situation en ex-Yougoslavie avec les conflits non résolus dans l'espace post-soviétique, comme la République moldave du Dniestr ou le Haut-Karabagh.
Des discussions cruciales sur lefutur de la Bosnie-Herzégovine, pays consolidé par l'Occident suite aux accords de paix de Dayton de 1995, ont marqué un durcissement de la position des dirigeants serbes, croates et musulmans du pays (voir EURACTIV 21/10/10). Le dirigeant de la République serbe de Bosnie, Milorad Dodik, a en particulier fait pression en faveur d'un référendum mettant en doute la constitution du pays et l'avenir d'une Bosnie multiethnique, telle qu'envisagée par l'accord de Dayton.
Parvenir à une constitution autorégulatrice basée sur l'accord de Dayton est d'une importance fondamentale pour que la stabilité soit maintenue dans toute la région, a affirmé M. Biš?evi?. Il a toutefois admis que la Bosnie-Herzégovine n'était pas plus proche de parvenir à l'autorégulation qu'elle ne l'était il y a 15 ans lorsque l'accord de Dayton a été conclu.
Le diplomate a affirmé que la stabilité durable et la coopération régionale dans les Balkans occidentaux et l'Europe du sud-est ne pouvaient pas être envisagées tant que la question de la Bosnie-herzégovine ne serait pas résolue. Cette dernière doit rester un pays dans lequel la sécurité actuelle et l’architecture de stabilité, notamment l’intégrité territoriale, doivent être préservés, a-t-il insisté.
Il est difficile d'imaginer que les pays voisins tels que la Croatie, la Serbie et le Monténégro peuvent se rapprocher de l'UE si la Bosnie-Herzégovine demeure une sorte de trou noir dans la région. Je pense que la stabilité durable dans les Balkans est étroitement liée à la Bosnie-Herzégovine, a dit M. Biš?evi?.
Si la situation de ce pays n'est pas résolue, cela pourrait ouvrir la boîte de Pandore et créer un effet boule de neige dans tous les Balkans occidentaux. Ce serait un résultat honteux après 25 ans de gestion de la crise de l'ex-Yougoslavie. Le reste de l'Europe serait uni, libre et démocratique, mais il y aurait une ouverture pour une nouvelle crise dans les Balkans, a prévenu le secrétaire générale du RCC.