L’hydrogène en vedette au Parlement européen [FR]
Lors d'une conférence organisée lundi 12 septembre, plusieurs députés européens ont appelé l’UE à entamer sans tarder sa transition vers « l'ère de l'hydrogène ». L'avenir de cette énergie très en vogue est pourtant remis en cause par certains scientifiques.
Lors d’une conférence organisée lundi 12 septembre, plusieurs députés européens ont appelé l’UE à entamer sans tarder sa transition vers « l’ère de l’hydrogène ». L’avenir de cette énergie très en vogue est pourtant remis en cause par certains scientifiques.
Des députés issus de la quasi-totalité des groupes politiques du Parlement européen ont présenté, lundi 12 septembre, une Charte sur l’hydrogène appelant l’Union européenne à amorcer sa transition vers « une économie de l’hydrogène totalement intégrée à l’horizon 2025 ». Citant notamment les travaux de Jeremy Rifkin (auteur de l’ouvrage « L’économie de l’hydrogène »), et mettant en avant un contexte marqué par la hausse des prix du pétrole et l’accélération du phénomène de réchauffement climatique, les eurodéputés ont notamment demandé l’émission d’un « Bon Hydrogène européen » devant permettre de lever les milliards d’euros nécessaires au financement des infrastructures d’une future « économie de l’hydrogène ».
Chronologie des initiatives européennes
L’initiative des députés européens en faveur de l’hydrogène n’est pas la première de ce type prise au niveau européen. En 2002, la Commission Prodi Commission faisait du développement de l’hydrogène l’une de ses priorités stratégiques (Rifkin étant alors l’un des conseillers personnels du président Prodi). S’appuyant sur les conclusions du rapport d’un groupe de haut niveau composé de différents experts (universitaires, chercheurs, etc.), la Commission a lancé en janvier 2004 une « Plateforme technologique sur l’hydrogène et la pile à combustible« . En mars 2005, cette plateforme présentait son programme de recherche ainsi que sa stratégie globale pour les prochaines années (voir EURACTIV, 17 mars 2005).
International
Aux Etats-Unis, l’administration Bush a alloué 1,8 milliard de dollars sur cinq ans à une « Initiative sur l’hydrogène » ainsi qu’à un projet complémentaire appelé « FreedomCAR ». L’UE, les Etats-Unis et d’autres partenaires travaillent ensemble à la préparation d’un « Partenariat international pour l’économie de l’hydrogène« .
Défis
Le principal problème posé par l’hydrogène réside dans le fait qu’il s’agit non pas d’une source, mais d’un vecteur d’énergie – ce qui implique qu’elle doive être produite à partir de sources et de procédés spécifiques (par exemple l’électrolyse ou la vaporisation du méthane). L’impact environnemental d’une future économie de l’hydrogène dépendra donc de la source d’énergie primaire retenue (charbon, nucléaire, gaz naturel ou énergies renouvelables). Se démarquant des propositions de la Commission (qui privilégiaient le gaz naturel), les députés européens souhaitent que les énergies renouvelables soient la principale source primaire d’une future économie de l’hydrogène.
L’autre défi est d’ordre économique : la production d’hydrogène s’avère à l’heure actuelle extrêmement coûteuse. Selon le Départment américain de l’énergie, pour être compétitive par rapport aux sources d’énergie fossile, l’hydrogène devrait voir ses coût de production divisés par quatre.
L’émergence d’une économie de l’hydrogène requiert également la construction d’une infrastructure énergétique entièrement nouvelle, dont le coût se chiffrerait en plusieurs centaines de milliards d’euros.