L’extrême droite française espère reformer un groupe au Parlement européen [FR]
Le week end dernier (14-15 mars), le Front national, parti nationaliste français, a lancé sa campagne pour les prochaines élections européennes. Elle devrait servir de tremplin à son leader, Jean-Marie Le Pen, en vue d’obtenir plus de voix et de recréer un groupe d’extrême droite au Parlement européen. Reportage d’EURACTIV France.
Le week end dernier (14-15 mars), le Front national, parti nationaliste français, a lancé sa campagne pour les prochaines élections européennes. Elle devrait servir de tremplin à son leader, Jean-Marie Le Pen, en vue d’obtenir plus de voix et de recréer un groupe d’extrême droite au Parlement européen. Reportage d’EURACTIV France.
Près de 800 personnes se sont rassemblées lors de la convention européenne du Front national (FN) à Arras, où M. Le Pen a abordé les thèmes de la crise financière et « l’euromondialisme», « l’Europe décadente » et la menace que «l’Europe [soit] submergée» par l’immigration.
A cette occasion, les candidats FN aux élections européennes se sont prononcés contre tout transfert supplémentaire de compétences du niveau national au niveau européen.
Candidat dans la région Ile-de-France (Paris), Jean-Michel Dubois a qualifié la Banque centrale européenne d’ «incompétente » et de « suicidaire» et a appelé au retour d’une «politique monétaire souveraine».
Par rapport aux projets visant à établir une politique commune de défense européenne, soutenus par le président français Nicolas Sarkozy, M. Le Pen a mis en garde contre «un anéantissement de la capacité diplomatique de la France au profit du super-Etat européen». «Le projet de l’Union européenne consiste désormais à instaurer une dictature bureaucratique via le super-Etat européen », a-t-il prévenu au cours de son discours d’une heure.
Agé de 80 ans, le chef du FN se présentera en tête de la liste de la circonscription Sud-Est, tandis que sa fille, Marine, sera candidate dans la circonscription Nord-Ouest (EURACTIV 09/02/09).
Vers un nouveau groupe d’extrême droite au Parlement européen ?
Enchevêtré dans une guerre de succession et confronté à des soucis financiers, le FN cherche à obtenir le soutien des électeurs français en vue de reconstituer le groupe Identité, tradition, souveraineté (ITS) au Parlement européen.
Créé en janvier 2007 et présidé par Bruno Gollnisch, un parlementaire Front national, l’ITS a cessé d’exister le 14 novembre 2007, après que les membres du parti de la grande Roumanie se soient retirés du groupe. Ce retrait a fait suite aux remarques faite par une eurodéputée italienne, Alessandra Mussolini, petite-fille du leader fasciste italien Benito Mussolini, qu’ils avaient trouvé insultantes (EURACTIV 15/11/07).
Mais M. Gollnisch croit pouvoir ressusciter le groupe. A cet égard, il a déclaré avoir établi un contact régulier avec le British National Party (BNP), le parti bulgare Ataka (Attaque) ou encore les Autrichiens du Parti de la liberté.
Selon M. Gollnisch, la reformation de l’ITS est «en très bonne voie», mais il n’a pas précisé comment il allait concrètement s’y prendre. Selon les nouvelles règles parlementaires, un groupe politique devra comporter au minimum 25 membres de sept pays différents (contre respectivement 20 et cinq auparavant).
Autres candidats nationalistes en France
Le FN n’est pas seul sur le créneau des nationalistes eurosceptiques. Nicolas Dupont-Aignan est à la tête de Debout la République, tandis que Philippe de Villiers et Frédéric Nihous sont désormais alliés sous la bannière de Libertas, le parti qui a mené avec succès la campagne contre le traité de Lisbonne en Irlande (EURACTIV 11/03/09). En outre, le Parti de la France, fondé par Carl Lang, un ancien membre du FN, présentera des candidats dans au moins deux circonscriptions.
En fait, certains des arguments avancés par Jean-Marie Le Pen dimanche se rapprochent de ceux présentés par le Mouvement pour la France, un parti dirigé par Philippe de Villiers. Tous deux s’opposent avec véhémence à l’entrée de la Turquie dans l’UE et ont exprimé leurs préoccupations par rapport au fait qu’une directive européenne impose aux camemberts une mention «produits dangereux».
Pourtant, les divisions entre les partis nationalistes français ne sont jamais très loin. Le président du FN a clairement fustigé Philippe de Villiers et son alliance avec l’Irlandais Declan Ganley, «une locomotive milliardaire (…) suspecte d’être une officine américaine».
Les candidats Front National aux élections européennes de 2009 :
Ile-de-France : Jean-Michel Dubois, Marie-Christine Arnautu
Nord-Ouest : Marine Le Pen, Wallerant de Saint-Just
Est : Bruno Gollnisch, Sophie Montel
Sud-Est: Jean-Marie Le Pen, Lydia Schénardi
Sud-Ouest : Louis Aliot, Marie-Christine Boutonnet
Ouest : Brigitte Neveux, Jean-William Félix
Centre : Patrick Bourson, Anne Faurot
Outre-mer : Patrick Le Guillou, Huguette Fatna