L’Europe se dirige vers un nouveau rôle sur la scène mondiale
Lors de la rencontre des dirigeants mondiaux à Bruxelles lors du 8ème Forum Asie-Europe (ASEM), l’Union européenne a signalé qu'elle était prête à changer de rôle au sein des forums mondiaux tels que le FMI ou la conférence climatique des Nations Unies.
Lors de la rencontre des dirigeants mondiaux à Bruxelles lors du 8ème Forum Asie-Europe (ASEM), l’Union européenne a signalé qu'elle était prête à changer de rôle au sein des forums mondiaux tels que le FMI ou la conférence climatique des Nations Unies.
L’Union européenne tentera d’avoir un rôle plus influent lors du sommet des Nations unies sur le climat en décembre, tandis que des négociations sont discrètement en cours avec les partenaires asiatiques sur la réforme de la distribution des sièges au Fond Monétaire International (FMI) et au G20.
Un accord informel trouvé en septembre pourrait ouvrir la voie à une représentation plus coordonnée de l’UE au sein de la rencontre climatique de Cancun, a appris EURACTIV.
À Cancun, la Commission européenne parlera au nom de l’UE sur les questions qui sont de sa compétence, tandis que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, abordera les questions qui tombent sous l’autorité des Etats membres.
Selon le Traité de Lisbonne, la Commission européenne est mandatée pour exercer la représentation extérieure de l’UE, à l’exception de la politique étrangère et de sécurité. Dans les domaines pour lesquels la Commission partage ses compétences avec les Etats membres, Bruxelles peut représenter l’UE sur la scène mondiale si la question en jeu est principalement du ressort de la Commission.
Les négociations sur le climat offrent un exemple clair d’un tel scénario, selon diverses sources européennes. Toutefois, EURACTIV a appris que le président de la Commission José Manuel Barroso n’avait jamais demandé de mandat pour représenter l’Union à Cancun, et le risque d’un bond en arrière semble très concret, alors que les Etats membres semblent plutôt poursuivre leurs agendas nationaux que les objectifs européens communs.
Bien qu’aucun mandat officiel n’ait été accordé, la représentation commune devrait être garantie. Les Etats membres seront toujours représentés par les délégations nationales, mais leur coordination semble plus à même de réussir, selon certaines sources.
La représentation de l’UE aux Nations Unies
Un autre important domaine de représentation des institutions européennes concerne l’Assemblée générale des Nations Unies.
Actuellement, l’UE détient un statut d’observateur à l’assemblée, et est représentée par sa présidence tournante plutôt que par les pays ayant un siège permanent aux Nations Unies.
Bruxelles ne fait pas pression en faveur d’un changement de ce statut, mais tente plutôt de l’améliorer. Plutôt que de devoir prendre la parole à la fin de chaque débat, la représentante européenne à la politique étrangère Catherine Ashton suggère que l’UE parle dans les moments les plus opportuns, selon une source diplomatique.
Les institutions européennes souhaitent également siéger aux côtés des représentants des Etats membres plutôt qu’aux côtés des organisations internationales comme la Croix-Rouge.
Bruxelles travaille actuellement sur une résolution visant à garantir ces nouveaux pouvoirs, suite à une régression en septembre. S'il est approuvé, le texte pourrait reconnaître le rôle de Mme Ashton et du président du Conseil Herman Van Rompuy en tant que représentants formels de l’UE.
L’UE au sein du FMI et du G20
L’Union va également tenter d’utiliser les sommets de grande envergure, comme le G20 ou le 8ème Forum Asie-Europe (ASEM) qui prend place en ce moment à Bruxelles, pour s’assurer des sympathisants à ses causes.
A cet égard, la représentation de l’UE au Fond Monétaire International (FMI) sera un exemple type, lors de l’assemblée annuelle du FMI à Washington qui se tiendra du 8 au 10 octobre.
Les responsables politiques de l’UE ont de manière répétée fait appel à un partage des pouvoirs plus équilibré au sein du FMI, afin de prendre les pouvoirs émergeants en compte. En retour, il sera attendu de la Chine et des autres pouvoirs émergeants d'apporter une plus grande contribution à la stabilité mondiale.
Lors de leur dernière rencontre informelle à Bruxelles la semaine passée, les ministres de l’économie de l’UE ont souligné « le besoin d’accroître une représentation adéquate des intérêts européens au sein des forums internationaux tels que le FMI ou le G20 », selon une communication publiée à la fin de la rencontre.
« L’opinion partagée était que le fonctionnement de ces institutions internationales doit refléter le dynamisme économique des marchés émergeants et des pays sous représentés », a ajouté le texte.
Deux des huit positions tenues par les pays européens au sein du conseil à 24 membres du FMI devraient être laissées vacantes pour les autres membres, dans un système qui pourrait envisager la rotation des différents membres.
Ce mouvement n’impliquerait pas nécessairement une perte de pouvoir pour l’UE dans sa totalité, parce que le fait d’avoir moins de membres nationaux pourrait aider à s’assurer une approche plus coordonnée. Certains pays font même campagne en faveur d’un siège unique pour l’UE.
Les droits de vote sont aussi directement liés aux contributions financières au FMI, et la Chine est mise sous pression pour accroître sa part.
Le sommet Asie-Europe à Bruxelles ce mercredi (6 octobre) fournira une opportunité pour revoir la situation et estimer ce qui pourrait esquisser les contours d’un accord mondial émergeant.