L’Europe s’invite au débat français sur la Constitution [FR]

Plusieurs dizaines de jeunes Européens étaient récemment réunis à Paris pour prendre part à un débat trop souvent cantonné aux frontières de l'Hexagone.  

Plusieurs dizaines de jeunes Européens étaient récemment réunis à Paris pour prendre part à un débat trop souvent cantonné aux frontières de l’Hexagone.  

La participation de nombreux témoins extérieurs au débat français sur la Constitution a notamment permis de mettre en évidence la nature souvent « périphérique » de celui-ci, jugé par plusieurs intervenants comme étant trop éloigné des véritables enjeux du nouveau texte. Ainsi a-t-il été rappelé que la question de l’Europe sociale, actuellement au cœur du débat hexagonal, n’avait été que peu abordée lors de la phase d’élaboration du projet de traité constitutionnel. 

Les participants originaires de différents pays européens ont par ailleurs déploré le fait que le mécontentement social régnant actuellement en France vienne parasiter le débat sur la Constitution : plusieurs d’entre eux ont souligné que l’Europe ne pouvait être rendue responsable de l’incapacité des gouvernements français à lutter contre le chômage de masse, de nombreux Etats membres de l’Union obtenant de bien meilleurs résultats que la France sur le front de l’emploi. 

Enfin, plusieurs intervenants ont vigoureusement contesté l’idée selon laquelle les Français devaient se sentir investis de la responsabilité de voter au nom de leurs voisins européens (certains de ceux-ci étant « privés » du droit de se prononcer par référendum) : d’une part, un nombre significatif d’Etats membres – 8 au total, outre la France – ont également opté pour la voie référendaire ; par ailleurs, la ratification parlementaire demeure une solution parfaitement légitime, à moins de rejeter le système de démocratie représentative.