L’Europe proche de la récession économique, selon la Commission

Mercredi 10 septembre, la Commission européenne a corrigé à la baisse ses prévisions de croissance pour l’UE. En France, la Commission table sur une croissance du PIB de 1% sur l’année 2008.

Mercredi 10 septembre, la Commission européenne a corrigé à la baisse ses prévisions de croissance pour l’UE. En France, la Commission table sur une croissance du PIB de 1% sur l’année 2008.

Selon les dernières prévisions économiques de la Commission pour l’année 2008, la croissance atteindra 1,4% dans l’UE en 2008, 1,3% dans la zone euro. Des chiffres significativement en baisse par rapport aux prévisions d’avril dernier. La Commission tablait alors sur une croissance de 2% pour l’UE et 1,7% pour la zone euro.

Comment expliquer cette tendance à la baisse ? Selon Joaquin Almunia, le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, «la poursuite des turbulences sur les marchés financiers depuis un an, le presque doublement des prix de l’énergie sur la même période et la correction sur certains marchés immobiliers ont eu un impact sur l’économie.»

Menaces de récession

Selon les prévisions de la Commission, l’Allemagne, le Royaume Uni et l’Espagne vont connaître une croissance négative lors des deux derniers trimestres de l’année, ce qui équivaut à une situation de récession. La France éviterait quant à elle un recul de son PIB sur deux trimestres consécutifs, au même titre que la zone euro et l’Italie, pour se contenter d’une croissance quasi-nulle pour les deux derniers trimestres de l’année.

Exception à la morosité ambiante  : la situation économique de la Pologne, qui peut tabler sur une croissance de 5,4% sur l’année 2008.

Sur la question de l’inflation, la Commission européenne prévoit en revanche un reflux au sein de la zone euro entre le 3e et le 4e trimestre 2008. Le taux d’inflation devrait passer de 3,9% à 3,4% au dernier trimestre.

Les experts européens prévoient une reprise de la croissance en début d’année 2009. Mais la crise financière internationale liée aux subprimes est-elle pour autant close ? La réunion informelle des ministres européens des finances à Nice les 12 et 13 septembre aura pour tâche de faire le point sur la question, même si l’hypothèse d’un plan de relance n’est pas à l’ordre du jour.

Positions :

Dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, l’économiste Jean-Paul Fitoussi (OFCE), estime que » l’Europe connait un affaiblissement de sa croissance parce qu’elle n’est pas gouvernée, c’est-à-dire pour des raisons artificielles et pas pour des raisons inhérentes à la mauvaise santé de son économie. Ne réagissant pas toute seule, elle ne pourra que bénéficier de la réaction des autres. Quand le dollar augmentera et que le prix du pétrole baissera, l’Europe se portera mieux. »(Lire l’interview dans son intégralité)

Pour Jean Louis Cottigny, député européen (PSE) et vice-président de la commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen, « il faut établir de nouvelles règlementations des marchés financiers aux niveaux nationaux, européen et international. La faiblesse de la croissance européenne s’explique en partie par le manque d’anticipation de la Commission sur la crise américaine des subprimes. La Commission doit sortir de son dogme néolibéral. »

Selon Michel Raison, député (UMP) et membre de la commision affaires économiques de l’Assemblée Nationale, «aucun prévisionniste ne peut actuellement indiquer le redémarrage de la croissance en Europe. Il faut donc s’attendre à connaître une situation de stagnation en 2009. La BCE, à force d’être trop rigoureuse sur les taux d’intérêts, ne favorise pas une reprise de la croissance.»