L’Europe frappée par des vagues de licenciements massifs [FR]
Lundi (26 janvier), des entreprises aux Etats-Unis et en Europe ont annoncé la suppression de plus de 70 000 emplois. Il s’agirait de la pire journée pour l’emploi depuis le début de la débâcle économique.
Lundi (26 janvier), des entreprises aux Etats-Unis et en Europe ont annoncé la suppression de plus de 70 000 emplois. Il s’agirait de la pire journée pour l’emploi depuis le début de la débâcle économique.
Le groupe néerlandais de banque et d’assurances ING a déclaré qu’il supprimerait 7000 emplois de par le monde cette année, dans un effort de réduire les coûts d’un milliard d’euros. Parallèlement, Philips, le groupe d’électronique néerlandais, a déclaré qu’il supprimerait 6000 emplois, ce qui devrait lui faire économiser 400 millions d’euros par an. Corus, le sidérurgiste anglo-néerlandais, a également annoncé des mesures similaires (3500 suppressions).
Mais les pires nouvelles viennent d’outre-atlantique, où Caterpillar, leader mondial de l’équipement de construction et minier, a déclaré qu’il supprimerait 20 000 emplois en vue de maintenir ses coûts sous contrôle. Des annonces similaires ont été faites par le géant pharmaceutique américain Pfizer (19 000 suppressions), le groupe de télécommunications Sprint Nextel (8000), Home Depot (7000) et General Motors (2000).
Dans le même temps, les commandes industrielles dans les 15 Etats membres de l’eurozone ont diminué de 26,6 % en novembre 2008 en comparaison de 2007 (-25,4 % pour l’UE des 27), selon les chiffres d’Eurostat publiés le 22 janvier.
Ce qui a commencé comme une crise des marchés financiers s’est rapidement transformé en crise mondiale de l’emploi, peut-on lire sur le site de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le chômage augmente ; le nombre de travailleurs pauvres est en augmentation ; les affaires vont mal ; les inquiétudes grandissent quant à l’équilibre, l’équité et la durabilité du type de mondialisation que nous avons connu juste avant le crack financier, selon le site de l’OIT.
Les chiffres précis quant aux suppressions d’emplois en Europe sont encore inconnus mais les responsables politiques ne les ont pas attendus pour formuler leurs vues, dans le contexte des élections européennes de juin qui approchent à grand pas.
Les perspectives sont de plus en plus moroses, mais l’Union européenne ne fait pas de nouvel effort, indique Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti des socialistes (PSE) dans une déclaration la semaine dernière. Le président américain Barack Obama prépare actuellement son paquet investissement, la Chine et la Russie injecte des sommes importantes dans leurs économies, indique le président du PSE, se demandant si l’Europe en fait assez. Il lui semble que les mesures sont trop faibles, trop tardives et peu coordonnées.
L’Europe devrait prendre des mesures nouvelles et exceptionnelles pour mettre un terme à la perte prévue, s’élevant à 3,5 millions d’emplois par année, a en outre déclaré M. Rasmussen.
Alors que le nombre de licenciement ne fait qu’augmenter, des craintes que des troubles sociaux ne se déclenchent sont de plus en plus présentes. En France, les syndicats ont annoncé une grève majeure pour jeudi en soutien d’un plan de relance social pour faire redémarrer l’économie et pour créer des emplois.