L'Europe demande à Israël et à la Palestine de ne pas compromettre les négociations

Les deux pays ont discuté pour la première fois depuis 2010. L’UE et d'autres négociateurs du Moyen-Orient les ont prié de ne pas remettre en cause les nouvelles négociations. 

EURACTIV.com / Reuters
Israeli palestinian flags.jpg
Israeli palestinian flags.jpg

Les deux pays ont discuté pour la première fois depuis 2010. L’UE et d'autres négociateurs du Moyen-Orient les ont prié de ne pas remettre en cause les nouvelles négociations. 

Les Israéliens et les Palestiniens pourraient atteindre un accord d'ici quelques mois, a déclaré le 30 juillet le secrétaire d'État américain, John Kerry, à l'issue d'une réunion à Washington.

 

Il s'est exprimé en marge du dernier cycle de négociations entre le ministre israélien des affaires étrangères, Tzipi Livni, et le négociateur de l'Autorité palestinienne, Saeb Erekat.

 

Le quatuor de négociateurs au Moyen-Orient (l'UE, les États-Unis, la Russie et les Nations unies) a indiqué dans un communiqué qu'il était déterminé à « apporter son appui effectif »  à l'engagement commun des Israéliens et des Palestiniens. Les deux peuples souhaitent parvenir à une solution dans la période de négociation convenue de neuf mois.

 

Le quatuor a cependant demandé aux deux parties qu'elles instaurent un « environnement propice au succès des négociations et s'abstiennent de toute action susceptible de saper la confiance. »

 

Selon John Kerry, les délégations israéliennes et palestiniennes se reverront d'ici deux semaines en Israël ou dans les territoires palestiniens.

 

Après trois ans de blocage et de positions inflexibles de part et d'autre, Israël a décidé le 29 juillet de libérer 104 prisonniers palestiniens détenus depuis plus de 20 ans en raison de crimes avec violence.

 

En 2010, le président américain, Barack Obama, a persuadé les deux camps de reprendre les négociations directes. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a répondu en imposant un moratoire limité à 10 mois sur la construction de colonies juives. Pour les Palestiniens, le moratoire était insuffisant et les négociations ont échoué.

 

Au cours des années qui ont suivi l'impasse, les Israéliens ont poursuivi la colonisation. Les Palestiniens ont défié le gouvernement Netanyahou et l'administration Obama en obtenant la reconnaissance de facto d'État lors de l'Assemblée générale de l'ONU en 2012.

 

Mahmoud Abbas défie le quatuor

 

Le président palestinien a donné son avis sur un accord israélo-palestinien.

 

Il a expliqué qu'aucun colon ou militaire israélien ne pourrait demeurer dans un futur État palestinien, soulignant que les Palestiniens jugent illégale toute colonie sur les territoires capturés par Israël pendant la guerre des Six Jours en 1967.

 

John Kerry avait pourtant demandé à ses interlocuteurs de ne rien dire sur les termes des discussions.

 

« Dans une résolution finale, nous ne verrions pas la présence d'un seul Israélien – civil ou militaire – sur nos terres », a dit le président palestinien à la presse.

 

« Nous sommes favorables à une présence internationale, multinationale, comme au Sinaï, au Liban et en Syrie », a-t-il déclaré, en faisant allusion aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.

 

Avant d'accepter de retourner à la table des négociations, les Palestiniens avaient fixé trois conditions préalables : la libération de prisonniers arabes, un gel complet de la colonisation et la reconnaissance par Israël du tracé de 1967 comme base des frontières du futur État palestinien.