L'Europe à nouveau sous pression suite au sommet

Les marchés financiers ont réagi négativement ce lundi (12 décembre) à l'annonce de l'accord conclu par l'UE pour renforcer l'intégration économique. Les titres européens et l'euro ont chuté, alors que les investisseurs estiment que la crise de la dette va continuer à empirer.

EURACTIV.com / Reuters
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Les marchés financiers ont réagi négativement ce lundi (12 décembre) à l'annonce de l'accord conclu par l'UE pour renforcer l'intégration économique. Les titres européens et l'euro ont chuté, alors que les investisseurs estiment que la crise de la dette va continuer à empirer.

Tous les pays de l'UE, sauf la Grande-Bretagne, se sont mis d'accord lors du sommet de vendredi pour observer des règles budgétaires plus strictes ainsi que pour mettre en place une union budgétaire plus forte. Ils ont également décidé d'allouer jusqu'à 200 milliards d'euros en prêts bilatéraux au Fonds monétaire international pour lutter contre la crise.

La capacité du fonds de sauvetage de la zone euro a cependant été plafonnée et il ne s'est pas vu accorder de licence bancaire. Rien ne montre par ailleurs que la Banque centrale européenne serait prête à prendre des initiatives jugées cruciales pour les analystes pour enrayer la crise, bien que la BCE ait apparemment acheté des obligations italiennes lundi.

« Oui, nous avons un plan pour résoudre les problèmes à plus long terme, mais […] il ne résout pas les problèmes à plus court terme », a expliqué Peter Dixon, économiste à la Commerzbank.

« Je serais surpris qu'il donne les résultats que bon nombre des leaders européens espèrent. »

L'euro a perdu 0,5 % ce matin à 1,3300 dollar, ce qui est légèrement mieux que vendredi (1,3280 dollar). Il est à présent presque 6 % en-dessous du pic d'octobre et 10 % en-dessous de son record de 2011, de près de 1,50 %, début mai.

« L'euro a chuté ce matin suite au résultat du sommet de l'UE. Les gens s'attendaient à un meilleur plan d'action et surtout, la BCE a refusé d'augmenter de manière significative ses achats d'obligations », a expliqué Beat Siegenthaler, stratège chez UBS.

En proie aux chocs

Moody's Investors Service a déclaré qu'elle examinerait à nouveau les notes des nations européennes au premier trimestre 2012, estimant que le sommet n'avait pas donné lieu à des initiatives décisives et avait laissé la zone euro en proie à de futurs chocs.

« L'absence de mesures pour stabiliser les marchés du crédit sur le court terme signifie que la zone euro et l'UE au sens large restent en proie à de futurs chocs et que la cohésion de la zone euro reste menacée », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

L'agence a expliqué que la crise restait dans une phase critique et volatile, les marchés de la dette bancaire et souveraine restant en proie à une dislocation que les décideurs politiques auront de plus en plus de mal à maîtriser.

Les futures sur le Bund ont grimpé à 135,83, après avoir chuté à l'ouverture. Les rendements allemands à 10 ans ont perdu quatre points de base à 2,062 %.

Les rendements obligataires italiens à 10 ans ont toutefois repris 22 points de base à 6,6 % et l'écart de rendement entre les obligations à dix ans italiennes et les Bunds allemands de même échéance s'est donc creusé de 18 points de base à 447 points de base.

Le rendement obligataire espagnol à 10 ans a gagné 15 points de base à 5,95 %.

C'est ce lundi que les marchés révèleront vraiment leur réaction lorsque la France, les Pays-Bas et l'Italie émettront de nouveaux bons du Trésor.

L'économiste en chef du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard, a déclaré dimanche que l'accord conclu par les pays européens était un pas dans la bonne direction, mais qu'il ne s'agissait pas d'une solution franche à la crise de la dette dans la zone euro.

« Ce qui s'est passé la semaine dernière est important : ça fait partie de la solution, mais ce n'est pas la solution », a expliqué M. Blanchard lors de la conférence Globes à Tel-Aviv.