L'eurodéputée libérale Diana Wallis brigue la présidence du Parlement européen
L'eurodéputée libérale britannique Diana Wallis a annoncé qu'elle se présenterait à la présidence du Parlement européen comme candidate indépendante, afin de contrer l'accord conclu en coulisse par le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit et le groupe de l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D) pour remplacer Jerzy Buzek à la fin de son mandat en janvier.
L'eurodéputée libérale britannique Diana Wallis a annoncé qu'elle se présenterait à la présidence du Parlement européen comme candidate indépendante, afin de contrer l'accord conclu en coulisse par le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit et le groupe de l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D) pour remplacer Jerzy Buzek à la fin de son mandat en janvier.
« J'ai l'impression qu'il existe un sentiment croissant que même si nous parlons beaucoup de démocratie, nous faisons la sourde oreille quand il s'agit de nos élections internes », a déclaré Mme Wallis, ajoutant que la légitimité démocratique commençait chez soi, et que le Parlement devrait remettre de l'ordre dans ses affaires.
Libérale démocrate de la région britannique Yorkshire-et-Humberside, Mme Wallis a été élue au Parlement en 1999 et a occupé le poste de vice-présidente au cours des cinq dernières années. « Je suis convaincue d'avoir les compétences nécessaires pour assumer cette fonction », a-t-elle assuré.
En septembre, les eurodéputés du parti S&D ont choisi à l'unanimité l'eurodéputé Martin Schulz pour succéder à M. Buzek. Après les élections européennes de 2009, les deux principaux groupes politiques ont décidé de se partager le mandat de cinq ans du président du Parlement européen. Depuis lors, il était de notoriété publique que M. Schulz serait nommé pour succéder à l'actuel président du Parlement européen, l'eurodéputé polonais de centre-droit Jerzy Buzek, qui quittera ses fonctions début 2012.
« Je souhaiterais travailler avec mes collègues eurodéputés pour renforcer, aux yeux des citoyens européens, l'image progressiste de notre Parlement, acquise grâce aux efforts de tous, et par l'exercice responsable de nos pouvoirs institutionnels, afin de rester en phase avec l'évolution complexe de la société », a déclaré Mme Wallis, soulignant que les prochains mois poseront d'importants défis qui devront être relevés par des dirigeants réfléchis et déterminés.
A de nombreuses occasions, M. Schulz a demandé à son groupe de se montrer moins agressif face à son principal adversaire, le Parti populaire européen, pour ne pas compromettre son élection, ont révélé des eurodéputés à EURACTIV. En effet, cette situation a récemment aidé Guy Verhofstadt du groupe libéral ALDE à s'assurer une plus grande attention des médias comparé aux socialistes.
Ce n'est pas la première fois qu'un libéral remet en cause les grands groupes politiques au pouvoir au Parlement européen.
En amont des élections européennes de 2009, Sir Graham Watson, récemment élu président du Parti européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR), avait annoncé qu'il souhaitait se présenter à la présidence du Parlement européen. Cependant, il n'est pas parvenu à rompre l'accord traditionnel entre le groupe PPE/DE de centre-droit et les socialistes, les deux familles politiques majoritaires au Parlement qui exercent tour à tour la présidence de l'assemblée.
Pour justifier sa décision de se présenter, M. Watson a argué que le Parlement européen avait besoin « d'un vrai débat sur le rôle et les priorités du prochain président ». « C'est ce que la démocratie européenne devrait être. J'espère que ma campagne permettra de stimuler le débat sur les candidats et sur les problèmes à aborder, et de déclencher une compétition fondée sur le mérite et non sur la facilité », avait alors déclaré M. Watson.
« Il est essentiel que la course à la présidence du Parlement européen soit une compétition honnête, par opposition à l'arrangement traditionnel entre les partis PPE et S&D », a déclaré M. Watson pour soutenir la candidature de Diana Wallis.
La dernière femme à avoir assuré la présidence du Parlement européen fut Nicole Fontaine (1999-2001). Sur les 13 personnes à avoir assumé cette fonction, seules deux étaient des femmes.
Le Parlement européen choisira son prochain président lors de la séance plénière du 17 janvier 2012 à Strasbourg.