L'euro subit les affres des hésitations sur le second renflouement de la Grèce
Les marchés s'affolent alors que les ministres européens des finances émettent une vague volonté de renforcer les renflouements opérés par l'UE mais continuent de s'affronter sur les conditions d'un second renflouement de la Grèce.
Les marchés s'affolent alors que les ministres européens des finances émettent une vague volonté de renforcer les renflouements opérés par l'UE mais continuent de s'affronter sur les conditions d'un second renflouement de la Grèce.
Les marchés s'attendaient à une décision sur l'ampleur et la substance d'un second renflouement à destination de la Grèce, le pays le plus endetté de la zone euro, alors que l'Espagne et l'Italie sont aujourd'hui dans la ligne de mire.
Leurs craintes se sont toutefois intensifiées, dans la mesure où la Banque centrale européenne (BCE) et les trésors publics nationaux ne sont pas parvenus à s'accorder sur le rôle du secteur privé dans ce nouveau sauvetage de la Grèce.
Suite à des discussions qui ont duré huit heures lundi soir (11 juillet), les ministres des finances des 17 pays disposant de la monnaie unique européenne envisagent à présent deux options : le rachat des obligations grecques sur le marché libre (rachats d'obligations) ou le refinancement de la dette grecque détenue par le secteur privé.
L'option du rachat d'obligations a refait surface hier, après avoir été d'abord exclue plus tôt dans l’année par l'Allemagne et les Pays-Bas, qui refusaient d'augmenter l'exposition de leurs contribuables à la dette souveraine grecque. Les deux pays auraient affirmé qu'ils reverraient leur position à ce sujet.
Toutefois, les ministres ont préféré rester discrets sur l’état d’avancement des discussions. Le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré que la préparation du nouveau renflouement de la Grèce prendrait forme lorsque la prochaine tranche d'aide serait versée en septembre.
Il semblerait qu'il reçoive des instructions d’une instance plus élevée, dans la mesure où la nouvelle directrice du FMI, Christine Lagarde affirmait hier que la Grèce devait redoubler d’efforts pour réduire son déficit budgétaire avant qu'un second renflouement ne soit décidé.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a quant à lui déclaré qu'il pourrait envisager une réunion d'urgence des ministres des finances avant les vacances d'été, fin juillet.
L'option des rachats est à nouveau envisagée, car il semble difficile de se mettre d'accord sur le rôle du secteur privé dans le sauvetage de la Grèce. La France avait proposé de refinancer 70 % de la dette grecque arrivant à échéance avant la fin de 2014.
Même si cette proposition a rencontré une vive opposition de la part du secteur privé, le ministre français des finances, François Baroin, a affirmé que cette option restait sur la table.
M. Juncker a déclaré que le secteur privé serait impliqué dans le prochain renflouement de la Grèce et a ajouté que les détails de ce sauvetage seraient rapidement mis au point.
La BCE est également opposée à toute implication du secteur privé, car elle craint que cela n'amène les agences de notation de crédit à déclarer la faillite de la Grèce.
La Banque centrale commence à en avoir assez d'acheter de la dette grecque à un faible taux d'intérêt pour éviter à l'économie de couler. Leur politique d'achat de créances souveraines grecques n'est pas vraiment soutenue par l'UE. L'Allemagne, qui détient 27 % de la BCE, s'en trouve particulièrement contrariée.
Augmenter la portée du FESF
Néanmoins, les conclusions des discussions d'hier sont restées vagues, même s'il a été décidé d'augmenter la portée du mécanisme de sauvetage temporaire qui finance déjà les renflouements grec et irlandais, à savoir le Fonds européen de stabilité financière (FESF).
« Les ministres sont prêts à adopter de nouvelles mesures pour améliorer la capacité systémique de la zone euro à résister au risque de contagion », a déclaré M. Juncker après la réunion.
Il a ajouté que les ministres recevraient bientôt des propositions visant à améliorer le fonctionnement du FESF, via un report de l'échéance des prêts ou un abaissement des taux d'intérêt par exemple.
Les rumeurs selon lesquelles la capacité du FESF (440 milliards) serait doublée ont été démenties par le ministre allemand des finances.
« Il s'agit encore de rumeurs qui n'ont rien à voir avec la réalité », a déclaré Wolfgang Schäuble aux journalistes.
Dans le même temps, la Grèce continue de s'enfoncer dans la récession alors que le déficit de l'administration centrale a augmenté de près d'un tiers, ce qui empêchera le pays d'atteindre l'objectif budgétaire provisoire défini par l'UE et le FMI.
La tentative de l'UE d'éviter la contagion aux autres pays semble arriver trop tard, dans la mesure où les rendements obligataires italiens, espagnols et même belges ont à nouveau grimpé à cause de l'incertitude qui règne sur l'évolution de la situation dans la zone euro.
L'Italie, frappée de plein fouet par les marchés depuis samedi, est un important sujet de préoccupation, car elle possède la plus grande dette dans la zone euro, juste après la Grèce.
Certains observateurs affirment que l'Allemagne serait réticente à l'idée de financer un renflouement à l'intention de l'Italie, dont l'économie est deux fois plus considérable que celles de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande combinées.
Pour faire face à d'éventuels renflouements supplémentaires, l'UE a approuvé la création d'un mécanisme de sauvetage permanent qui remplacera le FESF. Il s'agit du mécanisme européen de stabilité.
Ce fonds, qui aurait une capacité de prêt de 700 milliards d'euros au maximum, devrait entrer en vigueur d'ici le 1er juillet 2013.