L’ « euro-compatibilité » énergétique de la France reste incertaine

L’ouverture du marché électrique français à la concurrence continue de susciter la controverse.

EURACTIV.fr

L’ouverture du marché électrique français à la concurrence continue de susciter la controverse.

Les participants aux 10èmes rencontres parlementaires sur l’énergie, le 6 octobre 2009, sont revenus sur la compatibilité du cadre réglementaire français avec les exigences communautaires sur le marché de l’électricité. Si, selon le directeur adjoint d’EDF Philippe Huet, le rapport Champsaur (EURACTIV.fr, 28/04/2009) marque un « accord entre la Commission et la France », les nouveaux entrants ont manifesté leur réserve.

« L’ouverture de l’énergie à la concurrence en France n’est pas une réalité », estime le directeur général de Poweo, Loïc Caperan. Une référence au maintien des tarifs réglementés pendant une période transitoire. Le député UMP François-Michel Gonnot a rappelé que le problème était maintenant d’écrire une loi « euro-compatible ». Il a toutefois indiqué que les citoyens seraient la priorité du Parlement français : « Nous ne serons pas obsédés par l’opinion des commissaires européens mais par celle des consommateurs », a-t-il déclaré.

La question des prix à la consommation est délicate. « Sur le marché énergétique, ouverture concurrentielle semble aller de pair avec hausse des prix », a ironisé un congressiste. « C’est la structure des prix qui est en jeu et non leur niveau », a rassuré Fabien Choné de Direct Energie. « Il faut que les prix reflètent les investissements à réaliser », a renchéri Robert Durdilly, de l’Union française de l’électricité (UFE).

Nouvel éco-label

Le directeur de Poweo, prévoit cependant une « nécessaire hausse des prix ». « Il faut donner des signaux au consommateur citoyen pour qu’il maîtrise son énergie », a-t-il plaidé. La députée européenne (PS, S&D) Catherine Trautmann a ainsi rappelé le travail du Parlement européen sur un nouvel éco-label plus exigeant. Cet étiquetage permet aux acheteurs de comparer des produits selon leur consommation énergétique. « On ne peut laisser la question du prix de l’énergie entre les mains des producteurs et des industriels. Il faut associer les consommateurs », a-t-elle ajouté. 

Interrogée sur «l’exception française en matière d’énergie », Catherine Trautmann a dressé un parallèle entre nucléaire et préoccupations européennes. « La France est perçue comme un pays ayant assuré son indépendance énergétique », note-t-elle, même si elle constate une « montée contre le nucléaire dans de nombreux pays nordiques ». « Le nucléaire est une énergie propre, certes non renouvelable, mais nécessaire dans la lutte contre le changement climatique », a-t-elle ajouté.

Une donnée importante compte tenu de l’introduction de « la problématique climat » dans une réflexion communautaire centrée pendant un temps sur la question de la concurrence. Elle concède qu’il est « dur de parler d’une seule voix au niveau européen », remarquant que « certains de nos pays, les pays d’Europe centrale et orientale, sont dépendants à 100% d’une seule source d’énergie : le gaz russe ». Et de citer, à ce sujet la résolution adoptée par le Parlement européen le 16 septembre 2009, qui fait le lien entre sécurité d’approvisionnement et diplomatie.