L’Estonie pourrait rejoindre la zone euro en 2011

La Commission européenne a proposé le 12 mai que l’Estonie adopte la monnaie unique dès le 1er janvier 2011.

EURACTIV.fr
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La Commission européenne a proposé le 12 mai que l’Estonie adopte la monnaie unique dès le 1er janvier 2011.

Le rapport 2010 sur l’état de la convergence des États de l’UE a été rendu par la Commission européenne. Parmi les 10 pays couverts par le rapport, l’Estonie se distingue des autres, tant et si bien que la Commission a proposé qu’elle adopte l’euro dès le 1er janvier 2011.

« Vu le degré élevé de convergence économique durable qu’elle a atteint, l’Estonie est prête à adopter l’euro le 1er janvier 2011, » a déclaré le 12 mai le Commissaire aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

Pour adopter l’euro, les pays candidats doivent respecter plusieurs critères : maîtrise des finances publiques et de l’inflation, fluctuations limitées des changes et des taux d’intérêt. A la différence de la plupart des pays européens, le déficit budgétaire estonien se situe en dessous des 3% du PIB à 1,7 % en 2009, et ce malgré une chute – sans précédent – de 15 % du PIB nominal. Quant à la dette publique, son niveau a atteint 7,2 % du PIB en 2009, ce qui est largement inférieur aux limites fixées à Maastricht (60%).

Le critère des taux d’intérêt à long terme n’est pas directement applicable dans le cas de l’Estonie, car elle ne dispose pas d’obligations de référence à long terme, ou d’autres titres comparables, pour évaluer le caractère durable de la convergence des taux.

Concernant le critère du taux de change, l’Estonie participe au mécanisme de change européen (MCE II) depuis le 28 juin 2004. Sur la période de deux ans qui s’est terminée le 23 avril 2010, la couronne estonienne n’a pas connu de graves tensions et ne s’est pas écartée du taux pivot du MCE II depuis son entrée dans le mécanisme.

Enfin, le taux d’inflation moyen sur 12 mois a été de -0,7 %, bien en dessous donc de la valeur de référence fixée à 1,0 %.

Néanmoins, sur ce dernier point, la Banque centrale européenne a émis quelques doutes sur le « caractère durable sur la convergence de l’inflation en Estonie ». L’inflation serait appelée « à augmenter dans les mois à venir », souligne la BCE. Selon elle, la faiblesse actuelle du taux est à mettre au compte de « facteurs temporaires, incluant le processus sévère d’ajustement dans le pays, qui a conduit à une contraction de 14,1% du PIB réel en 2009 ».

Selon l’économiste au CEPII Olena Havrylchyk, ce rapport est une bonne chose pour l’Estonie qui a été « très rigoureuse dans sa gestion, et ce depuis plusieurs années ». « L’Estonie est le seul pays de l’UE à remplir les critères de Maastricht en 2009, ce qui fait d’elle un exemple pour les autres pays de la région », a-t-elle ajouté.

Le président de Nouvelle Europe et spécialiste des pays baltes Philippe Perchoc estime quant à lui que « si la période ne semble pas propice aux élargissements, quels qu’ils soient, cet avis prouve néanmoins que même en temps de crise, les choses peuvent continuer à avancer pour les petits pays rigoureux et même quand les grands pays sont plus laxistes ».

Si les ministres des finances de l’UE valident la proposition de la Commission à l’été prochain, l’Estonie deviendrait le 17e pays de la zone euro et le premier des pays baltes à intégrer la monnaie unique. Elle serait le cinquième État de l’élargissement de 2004 à adopter l’euro après la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008 et la Slovaquie en 2009. La Commission a estimé que les autres pays n’étaient pas prêts et que leur intégration n’était pas envisagée avant 2014-2016.