L’énergie éolienne face à un réseau insuffisant [FR]

Les projets éoliens déjà élaborés pourraient couvrir jusqu’à 10 % des besoins européens en électricité, mais un déficit d’infrastructure de réseau et des problèmes de liquidité vont empêcher le développement de certains d’entre eux, selon l’European Wind Energy Association (EWEA).

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Les projets éoliens déjà élaborés pourraient couvrir jusqu’à 10 % des besoins européens en électricité, mais un déficit d’infrastructure de réseau et des problèmes de liquidité vont empêcher le développement de certains d’entre eux, selon l’European Wind Energy Association (EWEA).

EWEA a pris pour objectif 40GW de capacité offshore en 2020, espérant répliquer le taux de croissance annuel de presque 30 % connu par les éoliennes terrestres lors des douze années précédant 2004.

Dans un nouveau rapport rendu public aujourd’hui lors de la Conférence de Stockholm pour les Eoliennes Offshore, l’industrie a affirmé que cet objectif est réalisable puisque des projets d’éoliennes offshore d’à peu près 100GW ont été proposé ou sont déjà en phase de construction. Selon ce rapport, si tous les projets arrivaient à leur terme, ils satisferaient environ un dixième de la demande européenne en électricité, tout en évitant le rejet de 202 millions de tonnes de CO2 en une seule année.

Voilà qui montre l’intérêt immense qui existe chez les entrepreneurs, les développeurs et les investisseurs industriels européens, selon le rapport.

Néanmoins, tous les projets ne seront pas réalisés puisque la crise du crédit et une infrastructure de réseau inadéquate va continuer à restreindre l’explosion des éoliennes offshore, a déclaré aux journalistes le directeur exécutif de l’EWEA, Christian Kjaer, avant la conférence.

Atteindre une capacité de 40GW va demander un investissement de 57 milliards d’euros d’ici 2020 mais les banques restent réticentes à l’idée de prêter de l’argent, a-t-il déclaré. Bien que les projets d’éoliennes offshore attirent par nature des entreprises publiques importantes avec bilans équilibrés, le défi n’en reste pas moins de taille, a-t-il ajouté.

Nous avons réellement besoin de développer une toute nouvelle industrie, a dit M. Kjaer, mettant en avant le fait que les éoliennes offshore demandaient des infrastructures radicalement différentes de leurs homologues terrestres.

Un seul bateau d’installation de turbine coûte près de 250 millions d’euros, a expliqué le PDG. De plus, moderniser l’opération et la maintenance des fermes d’éoliennes et transformer les rades en centre de production d’énergie éolienne sont deux défis qui peuvent être comparés au défi du développement du pétrole et du gaz offshore dans les années 1980, a-t-il ajouté.

Nous avons besoin de quelques éléments de la part de l’UE pour assurer que les investisseurs aient la confiance dans le fait qu’un marché existera pour soutenir leurs investissements risqués, a conclu M. Kjaer.

Etendre les réseaux européens

L’un des obstacles majeurs que doit affronter le développement des infrastructures est le manque d’interconnexions afin d’amener l’énergie offshore vers les côtes, selon le rapport.

L’EWEA a lancé une proposition pour un réseau transnational en haute mer, avec l’idée de l’intégrer dans le premier projet décennal de développement de réseau, conçu par le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport (REGRT), une nouvelle agence de l’UE créée avec le troisième paquet de libéralisation de l’énergie (voir EURACTIV LinksDossier).

Le rapport de l’EWEA affirme qu’un régime réglementaire commun sera nécessaire pour s’assurer que les gestionnaires de réseaux de transports (GRT) développent les réseaux d’une manière économiquement efficace. Les développeurs en haute mer ne devraient pas être contraints à assumer également les coûts de l’infrastructure, qui bénéficieront à la société toute entière, a-t-il dit. 

Les éoliennes en haute mer ne devraient pas être réduites au rôle de première technologie dans l’histoire devant supporter les coûts du réseau, a affirmé M. Kjaer. L’énergie éolienne en haute mer, bien que plus chère que les ferme éoliennes à terre, a des avantages identiques en considérant que son prix est prévisible et indépendant des prix volatiles du pétrole.