L'Écosse dit « non » à l’indépendance

Les Écossais ont voté à 55,3 % en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni. Même si les partisans de l'indépendance ont perdu, David Cameron a promis de transférer davantage de compétences à l'Écosse.

EURACTIV.com
David Cameron, premier ministre britannique et Alex Salmond, le premier ministre écossais. 15 octobre 2012. [Scottish Government/Flickr]
David Cameron, premier ministre britannique et Alex Salmond, le premier ministre écossais. 15 octobre 2012. [Scottish Government/Flickr]

Les Écossais ont voté à 55,3 % en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni. Même si les partisans de l’indépendance ont perdu, David Cameron a promis de transférer davantage de compétences à l’Écosse.

Le « non »  l’a emporté. Après le dépouillement de votes dans les 32 circonscriptions, deux millions d’électeurs ont voté pour le maintien de l’Écosse au sein du Royaume-Uni, contre environ 1,6 million pour la sortie. Quelque 1 852 828 votes étaient nécessaires pour remporter le référendum qui s’est tenu le 18 septembre. 

À la suite de ces résultats, le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que des compétences en matière d’impôts, de dépenses et d’aide sociale seraient transférées au Parlement écossais. Il a également indiqué qu’il prendre des mesures pour instaurer un programme de réforme constitutionnelle plus large.

Alex Salmond, premier ministre écossais et leader du Parti national écossais, a concédé à 7 heures 20 que le camp en faveur de l’indépendance avait perdu.

« L’Écosse a décidé à la majorité de ne pas devenir un pays indépendant pour le moment. J’invite tous les Écossais à accepter le verdict démocratique des Écossais », a-t-il indiqué.

L’ancien chancelier et chef de campagne du « No », Alistair Darling, a expliqué que les citoyens avaient « préféré l’unité à la division et un changement positif à une séparation inutile ».

Les résultats mettent un terme à une campagne de deux ans qui a divisé le pays. Les dirigeants européens l’ont d’ailleurs suivi de près.

Un « oui » aurait pu renforcer les mouvements indépendantistes en Belgique et en Espagne avec d’éventuelles ramifications dans d’autres pays.

La question du statut de l’Écosse au sein de l’UE aurait également dû être discutée. Jamais un territoire n’a quitté un État membre et n’a déposé sa candidature d’adhésion.

« Décentralisation maximum »

David Cameron a annoncé un programme de transfert de compétences en matière d’impôt, de dépenses et d’aide sociale au Parlement écossais. Ces propositions devraient faire l’objet d’un accord d’ici novembre et un projet de loi devrait arriver en janvier, a-t-il ajouté.

Les dirigeants politiques en faveur du maintien dans le Royaume-Uni se sont engagés à transférer plus de compétences à Écosse, après que des sondages d’opinion ont montré une hausse des intentions de vote en faveur de l’indépendance.

David Cameron a expliqué qu’il « garantirait que ces engagements soient totalement honorés ».

Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, a déclaré pour sa part : « Nous devons maintenant distribuer dans son ensemble et de manière ponctuelle la série des nouvelles compétences décentralisées vers l’Écosse. »

La victoire du « No » était supérieure de 3 % par rapport aux derniers sondages.

David Cameron souhaite également prendre des mesures afin d’empêcher que les députés écossais ne votent sur les thèmes anglais.

La question du « West Lothian » suscite depuis longtemps la controverse. Dans cette division administrative, les députés écossais, nord-irlandais et gallois peuvent voter sur des lois ayant trait à l’Angleterre. Cette décision pourrait apaiser les Tories qui sont opposés à une « décentralisation maximum » (« devo max » en anglais) après une victoire plus importante que prévu.

« La question du West Lothian nécessite une réponse précise », a déclaré le ministre britannique.

Ce dossier devait être tranché au même rythme que celui sur l’Écosse. Les relations du pays de Galles et de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni doivent également être réexaminées. Pour les politologues, ce calendrier est très ambitieux.

Brexit

On estime que l’Écosse est plus favorable à l’UE que le reste du Royaume-Uni. Si l’Écosse avait quitté le Royaume-Uni, cela aurait augmenté les chances d’une sortie du pays de l’Union européenne.

Selon des commentateurs, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) étudierait de près la stratégie de la campagne pour le « No » dans le cadre des élections législatives de l’année prochaine et du référendum du Brexit. Nigel Farage, le leader de l’UKIP, a expliqué à la BBC Radio 4 qu’il était en faveur d’un Royaume-Uni décentralisé et fédéral.

Malgré la défaite, la campagne « Yes » a enregistré certaines réussites : au moins 45 % de la population soutient une décentralisation maximale.

À Glasgow, la plus grande ville écossaise, 169 347 électeurs ont voté en faveur de l’indépendance, alors que 94 779 d’entre eux ont voté contre. Dans les divisions administratives de Dundee, de West Dunbartonshire et de North Lanarkshire, le « oui » l’a également emporté.

Mais, à Édimbourg, la capitale, 194 638 habitants ont voté contre la sortie du Royaume-Uni alors que 123 927 étaient en faveur.

David Cameron a promis d’organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE s’il remportait les élections nationales l’année prochaine

>> Lire : David Cameron brandit à nouveau la menace d’une sortie de l’UE

Certains eurodéputés ont suggéré qu’un vote sur le Brexit pourrait raviver le débat sur l’indépendance de l’Écosse.

Ian Duncan, un eurodéputé écossais conservateur, a expliqué à EURACTIV que « les résultats étaient assez clairs et que le taux de participation est extraordinairement [élevé].Cela renforce l’ensemble du Royaume-Uni.Le nouveau centre d’attention sera maintenant la relation du Royaume-Uni au sein de l’UE.

« Lors d’un futur référendum, je pense que l’Écosse votera également en faveur du maintien dans l’UE, mais nous avons besoin de réforme et d’une relation adéquate avec l’UE ».