L'Autriche va « délocaliser » 500 demandeurs d'asile en Slovaquie
Vienne va confier à la Slovaquie le soin de loger 500 migrants ayant formulé une demande d'asile en Autriche, selon un accord bilatéral conclu le 21 juillet et destiné à soulager les capacités de premier accueil de Vienne.
Vienne va confier à la Slovaquie le soin de loger 500 migrants ayant formulé une demande d’asile en Autriche, selon un accord bilatéral conclu le 21 juillet et destiné à soulager les capacités de premier accueil de Vienne.
Alors que les Européens peinent à s’accorder sur les modalités de répartition des demandeurs d’asile, Vienne et Bratislava viennent de conclure un accord bilatéral le 21 juillet visant à envoyer une partie des migrants arrivés en Autriche chez son voisin.
Aux termes de cet accord, salué comme « un grand signe de solidarité de la part de la Slovaquie » par la ministre de l’Intérieur autrichienne Johanna Mikl-Leitner, la Slovaquie pendra à sa charge les frais d’hébergement et de nourriture des migrants, l’Autriche assumant les frais de personnel.
Signe de solidarité
L’homologue slovaque de Mme Mikl-Leitner, Robert Kalinak, a justifié le geste de Bratislava par une volonté de « payer (ses) dettes » envers l’Autriche voisine, cette dernière ayant notamment accueilli des réfugiés à l’époque du Rideau de fer, et soutenu l’adhésion du pays à l’UE et à l’espace Schengen.
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Les réfugiés resteront toutefois de la responsabilité de l’Autriche, à laquelle incombera la poursuite de l’instruction de leurs demandes d’asile, a-t-il été précisé.
L’Autriche, un pays de 8,5 millions d’habitants, table sur l’arrivée de quelque 70.000 nouveaux migrants cette année, après 28.000 l’an passé, et se plaint de structures d’accueil débordées.
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Selon le ministère de l’Intérieur, le pays instruit « dix fois plus » de demandes d’asile que l’Italie et la Grèce confondues, rapporté à la taille de sa population. L’Autriche s’est d’ailleurs refusée lundi à accueillir des demandeurs d’asile répartis dans le cadre d’un plan européen de « relocalisation ».
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Le refus de l’Autriche, mais aussi de la Hongrie ainsi que le peu de place offerte par certains autres Etats membres ont quelque peu plombé le mécanisme de répartition des demandeurs d’asile. Sur les 40.000 places requises, seules 32.256 ont finalement été proposées par les Etats membres, ce qui laisse planer le doute sur la possibilité d’atteindre l’objectif fixé par la Commission de répartir 60.0000 personnes sous deux ans.