L’austérité touche l’administration européenne

Après un premier projet qui s’est attiré les foudres des fonctionnaires européens, la Commission a proposé un nouveau programme de réduction des dépenses de son administration publique.

EURACTIV.fr

Après un premier projet qui s’est attiré les foudres des fonctionnaires européens, la Commission a proposé un nouveau programme de réduction des dépenses de son administration publique.

L’Europe tente de se mettre elle aussi au régime. Après un premier plan de réduction des dépenses administratives en juin dernier, la Commission vient d’émettre de nouvelles propositions, modifiées après des négociations avec les représentants du personnel, les États et les administrations des autres institutions.

Cette proposition « constitue une réponse politiquement adéquate et juridiquement solide à la demande formulée par les États membres de suspendre l’indexation annuelle des salaires de cette année en raison de la crise », a déclaré le vice-président de la Commission Maroš Šef?ovi?. Une telle mesure, demandée par les États en juin dernier, s’est heurtée à l’opposition de la Cour de Justice de l’UE.

Indexation sur les 27

Parmi les principaux changements de cette nouvelle proposition figure l’allongement de la durée maximale des contrats des agents contractuels employés dans les institutions européennes, qui passera de 3 à 6 ans.

Les salaires, indexés chaque année en fonction de l’inflation et du pouvoir d’achat constatés dans huit États, sera désormais calculé sur la base des 27 États. Cette mesure devrait entrer en vigueur en 2013, le précédent accord étant valable encore un an. La méthode de calcul de l’adaptation annuelle des rémunérations et des pensions sera par ailleurs simplifiée et sa validité étendue à 10 ans.

Les nouvelles propositions prévoient également une augmentation de 5,5 % à 6 % du prélèvement de solidarité proposé que le personnel devra acquitter. Contrairement à la proposition initiale, les tâches de secrétariat et de bureau ne seront pas transférées à un personnel contractuel et continueront d’être assurées par des fonctionnaires.

La Commission estime que ces mesures lui permettront d’économiser un milliard d’euros d’ici 2020, et plus d’un milliard d’euros par an à plus long terme.

Les eurofonctionnaires dans la rue

Cette réforme suscite d’importantes tensions chez les fonctionnaires européens qui, au lendemain des propositions, ont manifesté au pied de la Commission. 

Le 16 novembre déjà, après une rupture des négociations, ils avaient menacé de se mettre en grève.

Sur leurs pancartes : « Delors reviens », « Pour un gouvernement européen » ou encore « Où sont les Schuman et les Monnet d’aujourd’hui ? ». Autant de témoignages de nostalgie d’une époque révolue.