L’arrestation de Mladic va relancer la candidature serbe à l’UE
L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic a été arrêté par la police serbe. Il était recherché pour crimes de guerre et contre l’Humanité.
L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic a été arrêté par la police serbe. Il était recherché pour crimes de guerre et contre l’Humanité.
En fuite depuis près de 15 ans, Ratko Mladic, 69 ans, ancien chef militaire des forces serbes de Bosnie pendant la guerre en ex-Yougoslavie (1990-1995) a été arrêté par les autorités serbes. L’information a été confirmée, jeudi 26 mai, par le président du pays Boris Tadic, lors d’une conférence de presse.
Un pas de plus vers l’UE
Le chef de l’État a précisé que Ratko Mladic avait été arrêté « sur le territoire » national, sans indiquer de lieu précis.
Pour de nombreux responsables européens, cette annonce va accélérer la candidature de la Serbie à l’UE.
« L’arrestation de Ratko Mladic lève un grand obstacle sur la voie de la Serbie vers l’Union européenne », a estimé le commissaire européen en charge des négociations d’adhésion, Stefan Füle. Même s’il a souligné que des réformes économiques et structurelles sont encore nécessaires.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a annoncé que cette arrestation donnait « un nouvel élan au processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne « .
De son coté le député européen Arnaud Danjean, président de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen, (PPE/UMP) a déclaré: « L’arrestation de Mladic (…), est un acte fort, (…) de la part du gouvernement serbe. Elle ouvre les voies de la candidature de la Serbie à l’UE ».
La fermeté néerlandaise
Le pays a officiellement déposé sa candidature à l’UE en décembre 2009. Bruxelles a accepté de l’examiner en novembre 2010. Les États européens voulaient envoyer un signe d’encouragement au pays après ses efforts pour tenter de rétablir le dialogue avec le Kosovo.
Cependant, le cas de Ratko Mladic empoisonnait les relations UE-Serbie. Depuis 1995, il est inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son rôle pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).
Il est considéré comme le responsable du massacre de Srebrenica. En août 1995, entre 6 et 8 000 musulmans de Bosnie ont été massacrés alors qu’ils étaient sous la protection des casques bleus néerlandais. Or, les Pays-Bas n’ont jamais caché leur intention de bloquer l’adhésion de la Serbie à l’UE tant que l’ancien général était en liberté.
Depuis sa création en 1993, le TPIY a inculpé 161 personnes. Lors de sa conférence de presse, Boris Tadic a d’ailleurs salué « le résultat d’une pleine coopération de la Serbie avec le tribunal de La Haye ».
Et Goran Hadzic?
Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a toutefois relativisé la nouvelle, estimant que l’arrestation de Ratko Mladic ne signifiait pas automatiquement l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne. La Haye recherche encore Goran Hadzic, l’ancien président de la République serbe auto-proclamée de Krajina, lui aussi accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui se trouvait justement à Belgrade, a donné une conférence de presse conjointe avec le président Tadic, elle l’a félicité et a demandé que Mladic soit « transféré sans délai » devant le TPIY.
Extradition
Lors de la conférence de presse le président Boris Tadic a ajouté que « le processus d’extradition (vers La Haye) est en cours ». Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé a souhaité qu’il soit « aussi rapide que possible » et a apporté « son soutien pour l’œuvre essentielle que le TPIY mène au service de la justice internationale ».
Stefan Füle, commissaire européen à l’élargissement chargé d’évaluer la candidature de la Serbie, doit remettre son rapport en octobre. Il pourrait ainsi recommander d’octroyer à la Serbie le statut officiel de candidat, une décision qui devra ensuite être validée par les 27.