L’AMF rend sa cartographie des risques pour une régulation financière plus poussée
L’Autorité des marchés financiers vient de publier sa cartographie des risques, à un moment où le besoin de régulation ne s’est jamais autant fait sentir.
L’Autorité des marchés financiers vient de publier sa cartographie des risques, à un moment où le besoin de régulation ne s’est jamais autant fait sentir.
« L’horizon reste menaçant », a estimé Jean-Pierre Jouyet, lors de la présentation, mercredi 26 mai, de la cartographie des risques réalisée par l’Autorité des Marchés financiers (AMF).
« Hier, c’était la contraction du crédit qui inquiétait, aujourd’hui c’est le montant des dettes publiques », a-t-il poursuivi. Quels sont les risques pour demain? C’est à cet exercice prospectif délicat que se livre l’AMF en essayant d’anticiper les dangers.
« L’intention de l’AMF n’est certainement pas de sonner le tocsin en provoquant un affolement stérile », précise-t-il. « Son ambition est d’abord d’inspirer l’action du régulateur, à un moment charnière ». Et d’ajouter, « car pour bien réguler, encore faut-il bien cerner les risques que l’on veut prévenir ou circonscrire ».
Concernant le marché du crédit et des actions, le rapport relate qu’un risque pèse sur la stabilité financière et le niveau du prix des actifs sur le marché. Ainsi, il pourrait y avoir une hausse possible des taux d’intérêts sur les marchés obligataires du fait des craintes sur la solvabilité des États, avec comme conséquence un durcissement des conditions de financement de l’ensemble des agents économiques. Les problèmes de financement en fonds propre des entreprises a également été mentionné.
Le rapport aborde également la question de l’épargne des ménages, qui serait très sécuritaire. Il se traduirait par un « excès de liquidités », et « une insuffisance d’épargne longue investie en actions, notamment dans la perspective du financement des retraites ».
Des nouveautés
Les régulateurs à travers le monde ont déjà tiré certaines leçons de la crise, suivant les recommandations du G20. La prévention des risques qui faisait jusque-là défaut a été renforcée.
A l’international, le Conseil de la Stabilité Financière (CSF) joue un rôle fondamental dans l’identification des risques pour la stabilité financière.
Les États-Unis se sont eux aussi engagés dans cette voie, avec une réforme ambitieuse de Wall Street votée le 20 mai par le Sénat américain. Un « Conseil de contrôle de la stabilité financière », regroupant l’ensemble des autorités de régulation, sera ainsi créé, avec pour mission d’anticiper l’émergence de risques globaux et la formation de bulles spéculatives.
Au niveau européen, le rapport Larosière a posé les bases de la nouvelle architecture de l’Union européenne. Le Système européen de superviseurs financiers composé de trois autorités de régulation devrait ainsi voir le jour prochainement. L’ESMA (European Securities Markets Authority) remplacera l’actuel CESR et sera chargé de la surveillance des marchés. Un Comité européen du risque systémique sera également mis en place.
En France, le projet de loi sur la régulation bancaire et financière, devrait être aussi débattu à l’Assemblée nationale au début du mois de juin.
