L'Allemagne s'achemine vers une "grande coalition" [FR]
La question du partage des responsabilités au sein de la future coalition est désormais au centre des tractations à Berlin. La prochaine présidence allemande de l'UE, au deuxième semestre 2007, constitue l'un des enjeux des négociations en cours entre le SPD et la CDU.
La question du partage des responsabilités au sein de la future coalition est désormais au centre des tractations à Berlin. La prochaine présidence allemande de l’UE, au deuxième semestre 2007, constitue l’un des enjeux des négociations en cours entre le SPD et la CDU.
Une semaine après le scrutin législatif du 18 septembre 2005, la formation d’une « grande coalition » (regroupant chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) demeure la seule option encore envisageable en vue de la formation d’un nouveau gouvernement allemand. Dans un entretien accordé dimanche 25 septembre à la chaîne de télévision ARD, le chancelier Gerhard Schröder s’est dit « favorable à la formation d’une telle coalition », soulignant qu’il ferait « tout ce qui est en [son] pouvoir pour qu’ellle puisse voir le jour ». Lors des législatives du 18 septembre, M. Schröder et le SPD n’ont pas subi la déroute annoncée, terminant à moins d’un point de la CDU d’Angela Merkel.
Le SPD privilégie désormais l’option d’un partage du pouvoir avec les chrétiens-démocrates, selon un plan qui impliquerait notamment un changement de chancelier dans le courant du mandat du futur gouvernement. La proposition du parti de M. Schröder prévoit que ce dernier continuerait à occuper ses fonctions actuelles pendant 18 mois – et non 24, ce qui correspondrait à la moitié du mandat gouvernemental -, afin notamment de permettre à Mme Merkel d’accéder à la chancellerie au milieu de la prochaine présidence allemande de l’UE (premier semestre 2007). Par cette concession, les sociaux-démocrates espèrent faciliter la conclusion d’un accord avec la CDU.
Plusieurs dirigeants de la formation chrétienne-démocrate ont d’ores et déjà rejeté la proposition du SPD, arguant du fait que la victoire de la CDU leur conférait la légitimité requise pour nommer le futur chancelier. « Il est clair que le chancelier doit être issu du parti le plus fort », a ainsi déclaré Volker Kauder, secrétaire général de la CDU.
Le SPD et la CDU n’en sont encore qu’au stade préliminaire de leurs tractations. Des négociations officielles impliquant la direction des deux partis devraient débuter après la tenue du scrutin législatif dans la circonscription de Dresde, le 2 octobre prochain.