L’Allemagne refuse l’accès au marché de l’emploi pour les travailleurs d’Europe de l’Est jusqu’à 201
Mercredi 16 juillet, le ministre allemand du Travail a affirmé que son pays refuserait l’accès au marché du travail pour les travailleurs peu qualifiés d’Europe de l’Est jusqu'à 2011. Cette déclaration intervient dans un contexte de crainte lié à l’arrivée de main d’œuvre bon marché en provenance de Pologne notamment, qui menacerait prétendument l’emploi au niveau local.
Mercredi 16 juillet, le ministre allemand du Travail a affirmé que son pays refuserait l’accès au marché du travail pour les travailleurs peu qualifiés d’Europe de l’Est jusqu’à 2011. Cette déclaration intervient dans un contexte de crainte lié à l’arrivée de main d’œuvre bon marché en provenance de Pologne notamment, qui menacerait prétendument l’emploi au niveau local.
Cette initiative entraîne un désaccord entre l’Allemagne et la plupart des autres pays de l’UE, lesquels ont déjà levé les restrictions appliquées aux travailleurs des huit pays de l’ancien bloc communiste – Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Lettonie, Lituanie et Estonie –, qui ont rejoint l’UE en 2004. Les 15 « anciens » membres de l’UE s’étaient mis d’accord pour supprimer les restrictions dès que possible, mais au plus tard en 2011.
Quant à la Bulgarie et à la Roumanie, qui ont rejoint l’UE en 2007, elles sont d’avis que les restrictions doivent être levées avant 2014.
La France, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a levé les dernières barrières le 1er juillet de cette année, avec une année d’avance sur leur calendrier. Cette initiative a provoqué la surprise alors que le débat français avait jusqu’alors été dominé par le stéréotype du plombier polonais « volant » le travail des Français et tirant les salaires vers le bas.
De telles inquiétudes prédominaient également en Allemagne, pays voisin de la Pologne et de la République tchèque. En réponse à l’appel des milieux économiques, qui s’étaient plaint d’un manque chronique de travailleurs hautement qualifiés comme les ingénieurs et les programmeurs, le gouvernement a toutefois promis de faciliter l’accès au marché du travail pour les travailleurs hautement qualifiés en provenance des nouveaux Etats membres.
Outre l’Allemagne, seuls la Belgique, le Danemark et l’Autriche n’ont toujours pas réduit les restrictions touchant les travailleurs d’Europe de l’Est.
Dans le même temps, l’Autriche a néanmoins admis que les craintes liées à la suppression des contrôles le long de sa frontière avec les pays d’Europe de l’Est étaient infondées. Plutôt que d’ouvrir la porte à des vagues d’immigrants illégaux, l’élargissement vers l’Est de « l’espace Schengen » (voir notre LD sur Schengen) a rendu le pays plus sûr en autorisant des déplacements sans visa. C’est ce qu’a déclaré Maria Fekter, la ministre autrichienne de l’Intérieur, le mardi 15 juillet.
Selon les autorités, le nombre d’immigrants illégaux arrêtés est passé de 7 000 (2006) à 300. De plus, la criminalité a baissé de 6 % à travers tout le pays. Mme Fekter a annoncé que cette diminution atteint même 18 % dans les régions frontières depuis la suppression des frontières en décembre dernier.
D’après EURACTIV Slovaquie, le nombre d’immigrants illégaux arrêtés le long de la frontière entre l’Autriche et la Slovaquie est passé de 751 pour le premier semestre 2007 à 20 pour le premier semestre 2008.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue autrichien à la frontière de Jarovce-Kitsee, le ministre slovaque de l’Intérieur Róbert Kali?ák a déclaré que son pays ne représentait plus un point de passage privilégié pour les immigrants illégaux.
Les Autrichiens se montraient pourtant extrêmement sceptiques vis-à-vis de l’élargissement de l’espace Schengen à l’Est. D’après EURACTIV Slovaquie, un village autrichien le long de la frontière hongroise a même fait appel à un service de sécurité privé pour empêcher les immigrants illégaux de franchir la frontière.