L’Allemagne choisit un commissaire surprenant [FR]
La nouvelle coalition de centre droit allemande a fait un choix inattendu concernant son commissaire pour le nouvel exécutif de l’UE, a rapporté EURACTIV Allemagne samedi dernier (24 octobre).
La nouvelle coalition de centre droit allemande a fait un choix inattendu concernant son commissaire pour le nouvel exécutif de l’UE, a rapporté EURACTIV Allemagne samedi dernier (24 octobre).
Le conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (UCD) Günther Oettinger remplacera Günter Verheugen au poste de commissaire lorsque le nouvel exécutif de l’UE débutera son mandat, prévu pour le 1er janvier 2010, a révélé la coalition UCD-FDP samedi (24 octobre).
La nomination de M. Oettinger a été accueillie avec un grand étonnement dans la sphère politique allemande. Les rapports de la presse allemande parlent d’un homme politique en disgrâce, qui s’apprête à être « jeté » à Bruxelles pour être une « épine » dans le pied de la chancelière allemande.
Ministre – président du Baden-Württemberg depuis 2005, M. Oettinger s’est vu, d’après certaines informations, adresser des reproches de la part de la chancelière Angela Merkel pour avoir excusé le passé nazi de l’ancien ministre – président Hans Filbinger. Plus récemment, il a émis des objections sur le projet de budget de Mme Merkel.
La Commission européenne va devenir le dépotoir d’un ministre – président recalé dont Mme Merkel essaie de se débarrasser, a confié Thomas Oppermann, le président socialiste du Parlement allemand, au Financial Times.
M. Oettinger a déclaré à la presse allemande qu’il souhaitait avoir le portefeuille des Affaires économiques et monétaires, mais la décision appartient aux institutions européennes.
La date de départ prévue pour la prochaine Commission reste floue en raison du report de la date de ratification du traité de Lisbonne, conçu pour simplifier le mécanisme de prise de décision de l’UE.
La seule signature en suspens est celle du président tchèque Václav Klaus, qui recherche une dérogation aux dispositions du traité (EURACTIV 23/10/09).
Les projets de l’Allemagne pour la prochaine Commission occupent 6 pages sur 124 d’un dossier politique réalisé par la coalition conservative libérale dirigeante.
Le document parle de resserrer les liens avec les partenaires français et polonais, et d’une relation « particulière » avec la Turquie.
Mme Merkel s’est publiquement prononcée contre une adhésion pleine et entière de la Turquie, et le dossier soigneusement rédigé parle de lier la Turquie avec l’UE dans le cas où le pays ne remplirait pas toutes les conditions nécessaires pour une entière adhésion.
Récemment, le négociateur en chef turc, Egemen Bagi?, a confié à EURACTIV que son pays se sentait insulté par l’utilisation de l’expression partenariat privilégié en remplacement d’une adhésion totale, comme le suggère Paris et Berlin (EURACTIV 08/10/09).