L’affaire Renault n’occupera plus le terrain européen
Les députés européens ont approuvé le versement de 24,5 millions d’euros du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation au constructeur automobile français. La polémique pourra continuer, mais sur le sol français.
Les députés européens ont approuvé le versement de 24,5 millions d’euros du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation au constructeur automobile français. La polémique pourra continuer, mais sur le sol français.
Deux mois après avoir été rejeté en commission des Budgets, le versement d’une aide de 24,5 millions d’euros du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) à Renault a finalement été approuvé par le Parlement, jeudi 15 décembre, en session plénière.
Dénouement mitigé
Le dénouement de l’affaire a ravi les députés du groupe PPE, qui se sont attribués le mérite du déblocage de l’aide européenne. Pour les eurodéputés socialistes et écologistes français, en revanche, la bataille n’est pas terminée. Ils attendent toujours du constructeur automobile une solution acceptable pour régulariser la situation d’anciens salariés pénalisés par l’entrée en vigueur de la réforme des retraites cet été.
La posture de Renault n’a toutefois pas changé d’un iota : il n’entend pas leur proposer davantage que des missions d’intérim. Selon la direction du groupe, 155 personnes susceptibles de se retrouver sans ressources d’ici 2013 se sont déjà manifestées pour demander un geste à leur ancien employeur. L’entreprise aurait déjà rencontré la moitié d’entre elles afin d’étudier leurs demandes au cas par cas.
Réforme du FEM
Pour autant, le bien-fondé des aides au reclassement versées par Renault reste à démontrer. Autre inconnue à ce stade, le coût des formations dont ont bénéficié les anciens salariés du groupe. La question devrait être élucidée par l’État français, qui doit réaliser un audit des dépenses engagées par l’entreprise.
« La potion est amère quand on constate les manipulations dont [le FEM] fait parfois l’objet », estime l’eurodéputée socialiste française, Pervenche Berès, qui se console que la réforme du FEM prévue en 2012 « soit l’occasion d’une clarification ».