L'affaire Abramoff ravive le débat sur le lobbying à Bruxelles [FR]
Des militants ont saisi l'opportunité du scandale lié à l'affaire Abramoff pour réclamer des règles de transparence sur le lobbying bruxellois semblables à celles en vigueur aux Etats-Unis. Cependant, selon certains, ce scandale ne fait que souligner les différences profondes entre les règles de financement des partis en Europe et aux Etats-Unis.
Des militants ont saisi l’opportunité du scandale lié à l’affaire Abramoff pour réclamer des règles de transparence sur le lobbying bruxellois semblables à celles en vigueur aux Etats-Unis. Cependant, selon certains, ce scandale ne fait que souligner les différences profondes entre les règles de financement des partis en Europe et aux Etats-Unis.
Le scandale de corruption lié au lobbying washingtonien a éclaté alors que l’UE envisage d’établir des règles plus strictes pour surveiller les relations parfois ambigües entre les groupes de pression et les décideurs politiques à Bruxelles. « Si nous agissons rapidement, l’Europe pourra peut-être éviter ce qui se passe à Washington, » a déclaré le porte-parole du commissaire chargé de la lutte anti-fraude, Siim Kallas, au Financial Times mercredi 18 janvier.
Le commissaire letton s’apprête à lancer un débat de grande envergure sur la transparence de l’UE lors de la publication d’un ‘livre vert’ en février. Ce livre vert soulèvera un certain nombre de problèmes comme la question de déterminer s’il faut imposer des contrôles obligatoires comme aux Etats-Unis sur les 15 000 lobbyistes qui cherchent à influencer les décideurs politiques européens à Bruxelles.
Les règles actuellement à l’étude, semblables à celles du système américain, obligeraient les groupes de pression, les entreprises du secteur des affaires publiques et les lobbyistes indépendants à Bruxelles à s’enregistrer sur une base de données centrale et à révéler le financement dont ils bénéficient et sa provenance.
Les professionnels des affaires publiques se sont jusqu’à présent opposés à cette idée, considérant que les codes de conduite que les lobbyistes s’imposent à eux-mêmes sont une garantie suffisante. Selon eux, la Commission et d’autres institutions européennes devraient commencer par s’occuper de leurs propres activités et imposer un contrôle plus sévère de leurs propres fonctionnaires avant de se préoccuper du secteur des affaires publiques.
Siim Kallas a cependant rejeté leurs arguments. « Les registres fournis par les organisations européennes de lobbying » sont facultatifs et incomplets et ne donnent pas assez d’informations sur les intérêts particuliers représentés ou sur le mode de financement. Les codes de conduite volontaires ont peu de signataires et ne contiennent pas jusqu’à présent de véritables sanctions, » a indiqué M. Kallas dans un discours en octobre 2005.
« Cela vaut également pour les organisations non gouvernementales,’ a-t-il ajouté. « Certaines ONG recevant des fonds de la Commission décrivent sur leur site Internet l’une de leurs principales activités comme « exercer du lobbying auprès de la Commission ». ‘L’initiative européenne sur la transparence’ tente d’accroître la transparence de ces réseaux,’ a-t-il indiqué.