Kroes veut nommer un prince néerlandais dans son cabinet

La commissaire entrante chargée de l'agenda numérique, Neelis Kroes, souhaite embaucher le prince néerlandais Constantijn dans son cabinet, malgré les pressions visant à réduire l'emprise des nations sur les hauts niveaux politiques de la Commission européenne.

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La commissaire entrante chargée de l'agenda numérique, Neelis Kroes, souhaite embaucher le prince néerlandais Constantijn dans son cabinet, malgré les pressions visant à réduire l'emprise des nations sur les hauts niveaux politiques de la Commission européenne.

Constantjin, le plus jeune fils de la Reine Beatrix des Pays-Bas, devrait aller aider la commissaire Kroes à développer le portefeuille de l'agenda numérique. Le nouveau cabinet devrait entrer en fonction le 10 février, tout comme l'ensemble de la nouvelle Commission.

La nomination de Constantjin est une cause d'inquiétude à Bruxelles, puisqu'elle arrive juste au moment où l'exécutif européen essaye de rendre les cabinets des commissaires moins "nationaux" (EURACTIV 21/01/10).

Pour un cabinet censé être multinational et libre de toutes pressions nationales, Mme Kroes a décidé de nommer l'un des plus éminents symboles des intérêts néerlandais.

Des fonctionnaires en vue de la Commission ont rejeté ces inquiétudes sur d'éventuels conflits d'intérêts et se sont montrés indifférents quant à la nature contradictoire d'embaucher un prince pour défendre les intérêts de l'UE. Ce qui compte, c'est que les règles soient respectées, a déclaré un porte-parole de la Commission.

Selon les règles actuelles, chaque cabinet devrait avoir au moins trois nationalités différentes sur un total de huit membres maximum, notamment le chef de cabinet ou le chef adjoint, et le porte-parole ne devrait pas avoir la même nationalité que son commissaire. On n’y trouve aucune mention du caractère approprié ou non d'engager des membres de familles royales.

Mme Kroes n'est pas la première commissaire néerlandaise à maintenir un lien étroit avec la Couronne. En effet, le prince Constantijn a déjà été membre du cabinet d'un commissaire néerlandais. Il a travaillé pour Hans van den Broek dans la Commission Santer, jusqu'à que le collège soit forcé de démissionner en raison d'accusations de fraudes fiscales et de népotisme.

Entre temps, l'une des filles de Hans van den Broek a épousé le prince Maurits, l'un des fils de l'une des sœurs de la Reine Beatrix.

Neelie Kroes a de l'expérience en ce qui concerne les débats sur d'éventuels conflits d'intérêt. Lorsqu'elle a été désignée commissaire à la concurrence en 2004, elle a dû batailler ferme pendant son audition au Parlement européen pour démontrer son indépendance, et elle s'était engagée à observer une période de refroidissement d’un an pendant laquelle elle devait éviter de prendre des décisions antitrust impliquant des entreprises avec lesquelles elles avait eu à faire (EURACTIV 05/10/04).

Avant de devenir commissaire, Mme Kroes a siégé au sein de nombreux conseils d'administration d'entreprises puissantes, allant du secteur du transport maritime au secteur financier.

Sa nouvelle nomination en tant que commissaire pour l'agenda numérique n'a soulevé aucun problème de conflit d'intérêt avant que son projet d'embaucher le prince ne soit connu. Cependant, Mme Kroes s'est retrouvée sous le feu des critiques au Parlement pour son manque de préparation, ce qui l'a conduit de manière inhabituelle à devoir repasser une audition (EURACTIV 18/01/10).