Kristalina Georgieva réclame un accès à la Somalie touchée par la famine
Lors d'une visite au Kenya hier (25 juillet), la commissaire à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a déploré l'accès limité des travailleurs humanitaires à la Somalie frappée par la famine. Cette situation est très problématique au Kenya et en Ethiopie en raison des réfugiés, explique-t-elle.
Lors d'une visite au Kenya hier (25 juillet), la commissaire à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a déploré l'accès limité des travailleurs humanitaires à la Somalie frappée par la famine. Cette situation est très problématique au Kenya et en Ethiopie en raison des réfugiés, explique-t-elle.
Mme Georgieva a visité le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya. Il s'agit du plus grand au monde et il accueille plus de 400 000 personnes déplacées à l'intérieur de leur pays. Le camp avait à l'origine été construit pour 90 000 personnes.
Chaque jour, plus de 3 000 Somaliens passent la frontière pour chercher nourriture et sécurité en Ethiopie et au Kenya.
Des groupes islamistes en Somalie, notamment la milice antigouvernement Al Shabbab, refusent l’accès au pays aux travailleurs humanitaires (voir « Contexte »). Seuls le Conseil des réfugiés norvégien, la Croix Rouge et le Secours islamique n'ont pas été empêchés de travailler en Somalie, ce qui signifie que l'UE doit s'appuyer sur ces organisations pour apporter de l'aide à l'intérieur du pays.
« Si nous pouvons parvenir dans des zones de famine et rendre cela possible dans beaucoup d'autres endroits en Somalie pour apporter de la nourriture, de l'eau, de l'aide médicale, les personnes déplacées n'auront pas besoin d'aller jusqu'en Ethiopie ou au Kenya, ce qui créerait un grave problème de réfugiés à l'avenir », a expliqué Mme Georgieva.
Tragédie humaine
Un reportage télévisé diffusé dans le monde entier a montré des images insoutenables de mères somaliennes abandonnant leurs enfants mourants le long de la route alors qu'elles se rendaient dans des centres alimentaires d'urgence plus que bondés.
Josette Sheeran, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), a déclaré hier (25 juillet) lors d'une conférence à Rome que la catastrophe naturelle doublée du conflit régional affectaient plus de 12 millions de personnes.
Le PAM a expliqué qu'il ne pouvait pas atteindre plus de deux millions de Somaliens dans la famine dans les zones contrôlées par les militants islamistes qui ont imposé une interdiction sur l'aide alimentaire en 2010 et menacent régulièrement les groupes d'intervention.
« Tous les endroits où l'on peut distribuer de la nourriture sont submergés », a déclaré Mme Sheeran, citée par Reuters.
« Nous voulons nous assurer que des provisions sont apportées sur les routes, car certaines deviennent des routes de la mort où des mères doivent abandonner leurs enfants trop faibles pour y arriver ou morts sur le chemin », a-t-elle ajouté.
Les femmes et les enfants sont les plus touchés par la crise, a déclaré Mme Sheeran, qualifiant cette crise de « famine des enfants » étant donné le nombre d'enfants qui risquent de mourir ou de souffrir de retard intellectuels et physiques permanents à cause de la faim.
Le PAM nourrira 2,5 millions d'enfants mal-nourris et tente de lever des fonds pour en faire davantage, a-t-elle affirmé.
Une réponse trop lente ?
Les ministres et les hauts fonctionnaires se sont réunis à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Rome ce lundi afin de trouver un moyen de mobiliser de l'aide pour lutter contre la pire sécheresse dans une région qui englobe la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya et Djibouti.
Le PAM a affirmé avoir besoin de 360 millions de dollars supplémentaires rapidement. Oxfam a déclaré qu'un milliard de dollars de plus était nécessaire pour gérer la situation.
La Banque mondiale a expliqué dans un communiqué qu'elle avait versé plus de 500 millions de dollars pour aider les victimes de la sécheresse, en plus des 12 millions de dollars d’aides immédiates pour les plus touchés.
Les gouvernements du monde entier et les Nations Unies ont été critiqués pour la lenteur de leur réponse face à cette sécheresse, mais ils sont confrontés à des problèmes majeurs s'agissant d'apporter de l'aide dans une région ravagée par un conflit au sud de la Somalie.