Kosovo-Serbie : l’UE souhaite organiser des discussions d’urgence pour apaiser les tensions

Alors que la date limite pour le changement des plaques d’immatriculation au Kosovo se rapproche, EURACTIV a appris que le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a convoqué une réunion d’urgence entre le Kosovo et la Serbie ce lundi.

Euractiv.com
Kosovo Serbs protest over license plate row
Depuis plusieurs mois, les deux pays s'écharpent au sujet de la délivrance de plaques d'immatriculations : le gouvernement de Pristina souhaite en effet exiger de tous les habitants du Kosovo qu'ils possèdent des plaques kosovares, ravivant les tensions avec la minorité serbe du nord du pays. [EPA-EFE/DJORDJE SAVIC]

Alors que la date limite pour le changement des plaques d’immatriculation au Kosovo se rapproche, EURACTIV a appris que le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a convoqué une réunion d’urgence entre le Kosovo et la Serbie ce lundi (21 novembre).

La réunion, qui devrait permettre au Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, et au président de la Serbie, Aleksander Vucic, de se rencontrer à Bruxelles lundi dans la matinée, aurait comme objectif d’apaiser les tensions diplomatiques entre les deux pays.

Depuis plusieurs mois, les deux pays s’écharpent au sujet de la délivrance de plaques d’immatriculations : le gouvernement de Pristina souhaite en effet exiger de tous les habitants du Kosovo qu’ils possèdent des plaques kosovares, ravivant les tensions avec la minorité serbe du nord du pays.

Depuis le 1er novembre, date à laquelle Pristina a commencé à mettre en œuvre le plan par étapes pour la réimmatriculation des voitures portant des plaques d’immatriculation serbes illégales, qui doit aboutir en avril prochain, les tensions entre le Kosovo et la Serbie se sont accrues.

Pressés de trouver un accord avant les échéances kosovares, les responsables de l’UE craignent que la région ne retombe dans la violence ethnique.

La semaine dernière, l’UE s’est entretenue avec les représentants du Kosovo à Bruxelles, mais le vice-premier ministre Besnik Bislimi a déclaré qu’aucune solution concernant les plaques d’immatriculation n’avait été trouvée jusqu’à présent.

Vendredi (18 novembre), le porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, Peter Stano, a déclaré qu’il n’y avait pas de date, mais que cela se ferait « très bientôt ».

« Nous avons invité d’urgence les deux parties à Bruxelles pour trouver une solution européenne […] à la situation actuelle, qui est parmi les plus graves depuis 2013 », a déclaré M. Stano.

La semaine dernière, M. Borrell a clairement indiqué que si les parties ne trouvaient pas un accord d’ici lundi, la région pourrait être au bord d’une crise dangereuse, appelant les deux parties à remplir leurs obligations dans le cadre du dialogue Belgrade-Pristina facilité par l’UE.

Les « tensions inutiles et contre-productives » entre le Kosovo et la Serbie « atteignent un niveau très, très dangereux » et créent une situation où « nous sommes malheureusement au bord d’une nouvelle crise », avait affirmé M. Borrell après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE la semaine dernière.

Actuellement, des agents de police européens effectuent des patrouilles dans le nord du Kosovo après que quelque 600 agents de police, ainsi que des juges, des procureurs et d’autres agents de l’État, issus de la minorité serbe, ont démissionné en raison de l’affaire des plaques d’immatriculation.

Les 130 policiers polonais et italiens, qui patrouillent dans les municipalités où la police locale n’est plus présente, ne peuvent procéder à des arrestations, mais l’UE souhaite que leur présence comble le vide sécuritaire.

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a déclaré qu’il n’était pas surprenant que l’UE ait convoqué cette réunion, mais qu’il ne voyait aucune raison pour que M. Vucic y assiste.

Il a également menacé indirectement d’un éventuel conflit si aucune solution n’était trouvée.

« Il est nécessaire que quelqu’un revienne à la raison pour éviter tout incident et toute étincelle susceptibles d’enflammer toute la région. Cela signifie qu’il est nécessaire de reporter la décision sur les plaques d’immatriculation », a-t-il ajouté.