Kosovo : pas de position commune de l’UE [FR]
Les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres ne sont pas parvenus à une position commune sur la récente proclamation d’indépendance du Kosovo. L’Espagne a clairement dénoncé cette décision, craignant qu’elle ne crée un précédent dangereux pour les régions séparatistes dans son propre pays.
Les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres ne sont pas parvenus à une position commune sur la récente proclamation d’indépendance du Kosovo. L’Espagne a clairement dénoncé cette décision, craignant qu’elle ne crée un précédent dangereux pour les régions séparatistes dans son propre pays.
Comme prévu, les quatre plus grands pays de l’UE – l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie – ont annoncé hier, 18 février, leur intention de reconnaître l’Etat ethnique albanais, la sixième région issue de la désintégration de l’ex-Yougoslavie. Parallèlement, Washington a officiellement reconnu le Kosovo.
L’Espagne était le pays le plus fortement opposé à une reconnaissance commune européenne du Kosovo. Madrid considère en effet que cette approche risque de créer un dangereux précédent qui pourrait être utilisé par d’autres minorités ethniques en Europe, notamment dans les régions espagnoles du Pays basque, de la Catalogne et de la Galice.
Les 27 ont donc opté pour une formulation très diplomatique des conclusions du Conseil des Affaires étrangères qui stipulent que les Etats membres décideront, conformément aux pratiques nationales et au droit international, l’orientation de leurs relations avec le Kosovo. A la demande de l’Espagne, la formulation du compromis final ne fait aucune mention des termes « indépendance » et « reconnaissance ».
Expliquant la position espagnole, un diplomate à Bruxelles a déclaré que la formulation ciblait davantage le public national en Espagne que les Espagnols à Bruxelles.
Chypre, la Grèce, la Roumanie, la Slovaquie et la Bulgarie ont suivi l’approche de l’Espagne, comme ils l’avaient annoncé avant la réunion des ministres des Affaires étrangères. Tous ont déclaré être opposés à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo.
La majorité des Etats membres européens sont néanmoins favorables à l’indépendance de la province et dans les prochaines semaines, au moins 15 d’entre eux devraient officiellement reconnaître le nouvel Etat.
Pour faciliter le processus de reconnaissance, les ministres des Affaires étrangères ont accepté de définir le Kosovo comme un cas sui generis, qui ne remet pas en question les principes de l’intégralité territoriale reconnus par l’UE et ne crée donc pas de précédent.
Cette position commune, soutenue par le fait que le Kosovo est actuellement sous tutelle de l’ONU, a permis au ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij Rupel, dont le pays assure actuellement la présidence de l’UE, de déclarer que l’Union européenne a de nouveau réussi le test de l’unité.
Parallèlement, la Serbie a protesté contre la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo en ordonnant le retrait de ses ambassadeurs en France, en Turquie et aux Etats-Unis.