Kaja Kallas : pour entrer dans l’UE, la Serbie doit faire de « vraies réformes »
La Serbie doit mettre en œuvre de « vraies réformes » et pas seulement « cocher des cases » si elle souhaite avancer sur le chemin de l’Union européenne, a déclaré jeudi 22 mai à Belgrade la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
La Serbie doit mettre en œuvre de « vraies réformes » et pas seulement « cocher des cases » si elle souhaite avancer sur le chemin de l’Union européenne, a déclaré jeudi 22 mai à Belgrade la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Kaja Kallas s’exprimait à la fin d’une visite en Serbie, où elle a rencontré le Premier ministre, la présidente du parlement, des membres de l’opposition, des organisations de jeunesse, et le président, Aleksandar Vučić, connu pour être à la fois officiellement pro-européen et proche du président russe, Vladimir Poutine.
À l’issue de ces rencontres, « il est clair que l’adhésion à l’Union européenne reste un but stratégique » pour la Serbie, a déclaré Kaja Kallas lors d’une conférence de presse, « mais je dois souligner que nous devons maintenant voir des actes qui viennent soutenir ces paroles ».
« Ce sont les réformes qui permettront à la Serbie d’avancer sur le chemin de l’UE », à laquelle la Serbie est candidate depuis 2012, a-t-elle prévenu.
« Il n’y a pas de raccourci pour l’adhésion, et de vrais progrès doivent être réalisés ici, à Belgrade », a ajouté la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères. « Les prochaines étapes sont très claires, elles incluent [des réformes sur] la liberté de la presse, la lutte contre la corruption et une réforme électorale. »
Ces réformes doivent être « de vraies réformes, pas juste de quoi cocher des cases » sur les procédures d’adhésion, a martelé la diplomate, évoquant ensuite les « centaines de milliers de manifestants » qui ont déferlé dans les rues serbes ces derniers mois.
Le président serbe, qui fut successivement ministre de Slobodan Milosevic, membre de l’opposition, Premier ministre puis président (depuis 2017), est confronté depuis novembre à un vaste mouvement de contestation né de l’effondrement de l’auvent en béton de la gare de Novi Sad, qui a fait 16 morts.
Une partie de la population y a immédiatement vu une conséquence d’une corruption souvent soulignée par les ONG, et d’un système dysfonctionnel. Les manifestations se multiplient depuis, contre la corruption et pour un véritable « État de droit ».
Le ton des autorités face au mouvement s’est très rapidement durci — le président accusant notamment les manifestants d’être pilotés de l’étranger.
Six militants sont par ailleurs incarcérés depuis le mois de mars, dont trois ont été placés en résidence surveillée cette semaine, provoquant la colère du président qui s’en est pris aux juges et leur « décision illégale ».
« En Europe, on ne commente pas le travail de la justice car elle doit être indépendante », a réagi Kaja Kallas, interrogée sur le sujet. « Et nous attendons cela aussi des pays candidats. »