La Première ministre estonienne démissionne pour prendre ses marques à Bruxelles
La Première ministre estonienne Kaja Kallas a présenté sa démission au président ce lundi (15 juillet) après avoir été nommée au poste de Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité le mois dernier.
La Première ministre estonienne Kaja Kallas a présenté sa démission au président Alar Karis ce lundi (15 juillet) après avoir été nommée au poste de Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité par les dirigeants européens le mois dernier.
Désignée fin juin par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE pour succéder à Josep Borrell, Kaja Kallas (Parti de la réforme d’Estonie, Renew Europe) doit encore être confirmée par les eurodéputés lors d’un vote qui aura lieu au Parlement européen cette semaine.
En poste depuis 2021, la Première ministre quittera également la tête de son parti courant de l’été. Elle restera cependant techniquement à la tête du gouvernement estonien jusqu’à ce que la nouvelle coalition soit formée et prête serment.
Des négociations sont déjà en cours entre la coalition au pouvoir, composée du Parti de la réforme, des Sociaux-démocrates (S&D) et du parti libéral Estonie 200, sur la manière de maintenir la composition gouvernementale actuelle.
Le président va désormais s’entretenir avec les différents partis politiques afin de répartir la responsabilité de la formation du gouvernement. Cette tâche est généralement confiée au plus grand parti du parlement estonien (le Riigikogu), qui est actuellement le Parti de la réforme.
« J’aimerais maintenant connaître l’avis de tous les partis du parlement sur la personne qui, selon eux, sera en mesure de former un gouvernement majoritaire viable, compte tenu des forces du Riigikogu », a déclaré le président Alar Karis après l’annonce de la démission de Kaja Kallas.
« L’Estonie a besoin d’un gouvernement qui gouvernera et prendra des décisions qui aideront à redresser l’économie, à assurer notre sécurité », a souligné le président estonien.
Kristen Michal, désignée comme candidate du Parti de la réforme au poste de Première ministre devrait être choisie pour occuper le poste et rétablir la stabilité dans le paysage politique du pays.
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Baisse de popularité du Parti de la réforme
Revenant sur son mandat de Première ministre, la première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays balte, a déclaré lors d’une interview accordée à la radio publique estonienne lundi que « ce fut une période très difficile ».
« J’ai commencé lorsque la crise de la Covid était à son apogée et j’ai probablement été le seul Premier ministre qui, immédiatement après avoir prêté serment, s’est rendu à la réunion du gouvernement et a commencé à prendre des décisions », a-t-elle ajouté.
Après des résultats décevants aux élections européennes de juin, où le parti de Kaja Kallas, le Parti de la réforme, est arrivé en troisième position, l’opposition a récemment appelé cette dernière à démissionner, car le gouvernement estonien n’a pas su répondre à la nécessité de dépenser au moins 1,6 milliard d’euros supplémentaires en munitions pour remédier à la pénurie « critique ».
En outre, l’année dernière, les médias estoniens ont révélé que son mari était associé à une entreprise qui continuait d’opérer en Russie, alors même qu’elle, farouche opposante au Kremlin, dénonçait publiquement ceux qui continuaient d’entretenir des relations commerciales avec Moscou.
Son gouvernement a également augmenté les impôts et introduit des coupes budgétaires impopulaires dans le secteur privé peu après les élections de 2023, ainsi que la légalisation du mariage homosexuel, à laquelle près de la moitié du pays est opposée.
Celle qui pourrait lui succéder, Kristen Michal, a également connu son lot de scandales puisqu’elle a été accusée de blanchiment d’argent et de financement illégal de parti en 2012. Des charges toutefois abandonnées en 2015 en raison du manque de preuves.
Le nouveau gouvernement estonien devrait entrer en fonction au début du mois d’août.