Julien Denormandie annonce la tenue d'un "Varenne agricole" avant l'été

« Revenir à l’essentiel » pour sauvegarder la souveraineté agricole de la France : dans une tribune publiée samedi (24 avril), le ministre de l’Agriculture annonce vouloir organiser un « Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique ».

Euractiv France
French Minister of Agriculture Julien Denormandie visit a farm
Après la "catastrophe" du gel qui a frappé les agriculteurs français début avril, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie (ici en visite d'une exploitation dans l'Essonne) veut "revenir à l'essentiel". [Yoan Valat/epa]

« Revenir à l’essentiel » pour sauvegarder la souveraineté agricole de la France : dans une tribune publiée samedi (24 avril), le ministre de l’Agriculture annonce vouloir organiser un « Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique ».

Alors que la filière agricole française reste sous le choc de l’épisode de gel qui a frappé le pays début avril, Julien Denormandie annonce la tenue d’un grand débat sur l’agriculture avant l’été 2021.  Le but : construire un « projet agricole national » alors que les débats sur l’agriculture se perdent « trop souvent […] dans le détail et oublient l’essentiel », selon la tribune du ministre de l’Agriculture publié par le JDD ce week-end.

Le ministre appelle ainsi à un retour à l’essentiel pour venir en aide à toute une profession ayant le « genou par terre ». Cela passerait d’abord par les revenus : alors que la qualité ferait la « force et la singularité » de l’agriculture française, il faudrait la rémunérer « à sa juste valeur » – une réclamation que les agriculteurs eux-mêmes ne cessent de souligner ces derniers mois.

La question de l’eau constitue un autre chantier de ce retour à l’essentiel voulu par le ministre : alors que les règles pour préserver la « ressource rare » qu’est l’eau n’auraient « cessé d’augmenter ces dernières années », l’aménagement hydraulique, lui, resterait « trop souvent freiné », explique M. Denormandie. Résoudre des conflits inhérents nécessiterait une concertation rapide et une sortie des « postures », selon le ministre.

Enfin, tandis que l’agriculture souffre des effets du changement climatique, elle est aussi très critiquée pour son impact sur le climat et l’environnement. Source importante d’émissions de gaz à effet de serre, le secteur agricole est appelé à se verdir. Dans le cadre de sa Politique Agricole Commune, l’Union européenne compte appuyer cette ambition à travers le financement de pratiques plus écoresponsables.

Mais alors qu’agriculture et environnement semblent souvent être en contradiction, cette opposition « ne fait aucun sens » pour le ministre de l’Agriculture. Car en plus de nourrir l’humanité, l’agriculture jouerait aussi un rôle « majeur » pour l’environnement à travers le captage de carbone par le sol. Une « agriculture de conservation » qu’il s’agirait donc de « favoriser ».

Tout en l’aidant à faire face au changement climatique. « Revenir à l’essentiel, c’est croire en la science et en la raison pour adapter nos cultures », soutient M. Denormandie. A l’exemple de la sélection variétale – sujet très épineux : alors que des avancées seraient notamment possibles grâce au travail génétique, les organismes génétiquement modifiés restent interdits par la loi française.

Face à ce dilemme, le ministre appelle au « courage » de remettre de la « raison scientifique de manière apaisée dans le débat ». « Nous devons regarder ces technologies en dépassant les dogmes », soutient-il, « en pesant ce qu’elles peuvent nous apporter et les risques qu’elles sont susceptibles de présenter ».

Autant de chantiers donc pour préserver l’agriculture française et la souveraineté alimentaire du pays. En attendant le « Varenne agricole », une proposition de loi concernant la rémunération des agriculteurs sera débattue à l’Assemblée nationale dès le mois de juin, selon le ministre. Dossier à suivre.