Josep Borrell va proposer aux ministres des Affaires étrangères de suspendre le dialogue politique avec Israël
Le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères sortant, Josep Borrell, devrait présenter une proposition visant à suspendre formellement le dialogue politique avec Israël sur les violations des droits humains à Gaza, selon nos informations.
Le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères sortant, Josep Borrell, devrait présenter une proposition visant à suspendre formellement le dialogue politique avec Israël, à cause des violations des droits humains perpétrées à Gaza, selon nos informations.
La proposition de Josep Borrell a été débattue pour la première fois lors d’une réunion des ambassadeurs de l’Union européenne (UE) mercredi 13 novembre, et devrait être formellement discutée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles lundi 18 novembre.
L’offre serait fondée sur les dispositions de l’accord d’association UE-Israël, qui contient des dispositions juridiques sur le respect des droits humains.
« Sur la base des rapports disponibles des agences internationales indépendantes, il y a des raisons de considérer qu’Israël viole les droits humains et le droit humanitaire international », confie une source de l’UE à Euractiv.
« La proposition met officiellement à l’ordre du jour une discussion entre les États membres sur la manière dont ils voient le comportement d’Israël et s’ils pensent qu’Israël est en violation », ajoute la source de l’UE.
Ce serait la première fois que les ministres des Affaires étrangères de l’UE tiennent une discussion formelle sur le comportement d’Israël.
Jusqu’à présent, les discussions sur le sujet ont donné lieu à des controverses, car la question divise l’UE entre les fervents partisans d’Israël, tels que la Hongrie, la République tchèque ou l’Autriche, et les États membres plus critiques, comme l’Espagne et l’Irlande.
La proposition de suspendre le dialogue politique ne signifierait toutefois pas la suspension de l’accord d’association ou du conseil d’association de l’UE avec Tel-Aviv, précise la source.
Au début de l’année, l’Espagne et l’Irlande avaient fait pression ensemble pour prendre des mesures plus audacieuses, en demandant une « révision urgente » de l’accord.
Cette révision nécessiterait toutefois l’approbation unanime de tous les États membres, ce qui rend de facto une prise de décision improbable, étant donné les divisions marquées au sujet de la guerre menée par Israël à Gaza.
Selon des diplomates européens, plusieurs ambassadeurs d’États membres de l’UE ont exprimé mercredi leur désaccord avec la nouvelle proposition de Josep Borrell.
« Quelles que soient ses intentions [de Josep Borrell], le résultat final est qu’il sème la division entre les États membres, et il aurait dû le prévoir », confie un diplomate de l’UE à Euractiv.
Un autre diplomate explique que, bien que l’action puisse être « contre-productive », elle représente également une ouverture pour changer de tactique.
« Il est peut-être temps de commencer à parler de ces questions si nous voulons être considérés comme un acteur sérieux [dans la résolution du conflit] — et cela n’arrivera pas si nous restons silencieux sur les violations du droit international », estime la source.
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[Édité par Anna Martino]