José Manuel Barroso va présenter sa proposition sur l'émission d'euro-obligations
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a annoncé hier (16 novembre) au Parlement européen que ses services présenteraient mercredi prochain une proposition sur les « obligations de stabilité », également appelées euro-obligations.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a annoncé hier (16 novembre) au Parlement européen que ses services présenteraient mercredi prochain une proposition sur les « obligations de stabilité », également appelées euro-obligations.
Dans ce qui pourrait être vu comme un affront à l'Allemagne, fermement opposée à l'émission d'euro-obligations pour lutter contre la crise de la dette souveraine dans la zone euro, M. Barroso a déclaré que, selon lui, les obligations de stabilité deviendraient « naturelles » lorsque l'Union atteindrait son objectif de gouvernance renforcée, de discipline et de convergence dans la zone euro.
M. Barroso a fait cette déclaration lors d'un débat sur la gouvernance économique organisé avec les eurodéputés à Strasbourg, en présence du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
« Les perturbations continues sur les marchés obligataires souverains ont prouvé que nos défis seraient d'une ampleur encore plus grande », a déclaré M. Barroso. Il a ajouté que les problèmes que la zone euro devrait affronter en 2012 seraient encore plus systémiques et urgents.
« Nous devrions continuer de les combattre avec vigueur et ne pas nous écarter de la voie que nous nous sommes tracée », a-t-il argué.
M. Barroso a affirmé que la Commission présenterait et évaluerait différentes options sur l'émission commune d'obligations dans la zone euro, et ce afin de faire preuve concrètement de responsabilité et de solidarité.
L'Allemagne reste toutefois fortement opposée à l'émission d'euro-obligations, car elle affirme que cette émission augmenterait sa responsabilité dans la crise de la dette souveraine. De plus en plus d'investisseurs et d'économistes affirment cependant qu'il s'agirait de la meilleure, voire de la seule solution pour sortir de la crise.
Hier, le vice-ministre allemand des finances, Joerg Asmussen, a déclaré qu'il ne serait pas judicieux d'instaurer des euro-obligations comme « instrument unique et isolé » pour enrayer la crise de la dette.
Lorsqu'EURACTIV a demandé à Olivier Bailly, le porte-parole de la Commission, d'expliquer la différence entre les « obligations de stabilité », une expression forgée par M. Barroso lors de son discours sur l'état de l'Union en septembre, et les euro-obligations, il a répondu que les journalistes étaient libres d'utiliser l'expression qu'ils préféraient.
Il a cependant expliqué qu'en utilisant le terme « obligations de stabilité », la Commission souhaitait mettre l'accent sur le fait que ces obligations n'étaient pas uniquement un moyen de mutualiser la dette, mais aussi de renforcer la stabilité.
Guy Verhofstadt, le leader du groupe libéral ALDE et sans doute le plus fervent défenseur des euro-obligations, a utilisé un nouveau terme en parlant d'« eurotitres ». Il a également mentionné une sorte de compromis correspondant à des propositions d'économistes allemands.
« Nous devons examiner la proposition formulée par les cinq éminents économistes du Conseil allemand des experts économiques. Selon eux, l'un des éléments clés permettant de résoudre la crise serait l'établissement de ce que l'on pourrait appeler un fonds européen de remboursement collectif. Ce fonds permettrait de mutualiser la dette dans la zone euro à plus de 60 % et serait assorti d'un programme audacieux de réduction de la dette pour les pays qui ne sont pas aidés par le FESF », a affirmé M. Verhofstadt.
Seul un réel gouvernement économique combiné à une forme d'euro-obligations pourrait sortir la zone euro de la crise, a-t-il poursuivi.
M. Verhofstadt a également déclaré qu'il était possible d'agir dans le cadre des traités européens existants, mais que des amendements seraient nécessaires et qu'il fallait amorcer une nouvelle modification du traité de l'UE.
La question de la nécessité d'une modification des traités devrait être abordée lors du sommet de l'UE du 9 décembre.