José Manuel Barroso : « Même avec des fonds limités, l’UE peut créer les bonnes impulsions »
Alors que la conférence internationale sur le réchauffement climatique s’ouvre à Bali en Indonésie, José Manuel Barroso a accordé une interview à EURACTIV.com. Conscient du défi que le changement climatique représente aujourd’hui et de la difficulté de la négociation, il n’en espère pas moins un accord sur la poursuite du protocole de Kyoto après 2012.
Alors que la conférence internationale sur le réchauffement climatique s’ouvre à Bali en Indonésie, José Manuel Barroso a accordé une interview à EURACTIV.com. Conscient du défi que le changement climatique représente aujourd’hui et de la difficulté de la négociation, il n’en espère pas moins un accord sur la poursuite du protocole de Kyoto après 2012.
En bref :
L’Union européenne est aujourd’hui considérée comme un leader dans la lutte contre le réchauffement climatique et entend jouer un rôle moteur à la conférence internationale de Bali, qui doit préparer l’après Kyoto. A ce sujet, le président de la Commission européenne ne cache d’ailleurs pas ses ambitions.
« Jouer cartes sur table »
« Le changement climatique est aujourd’hui sans équivoque et nous devons agir maintenant. C’est pourquoi notre objectif est d’arriver à un engagement clair pour commencer les négociations, en vue d’aborder le problème du changement climatique post-Kyoto, c’est-à-dire après 2012. 2009 doit être une date butoir pour cet accord afin d’avoir le temps pour la ratification. La Commission européenne veut un consensus et une vision commune sur la manière de diminuer le réchauffement de deux degrés Celsius par rapport aux températures préindustrielles. »
« L’UE joue cartes sur table », affirme le président de la Commission. « Nos engagements sont clairs. Nous espérons maintenant que les autres pays vont nous suivre. »
Convaincre et coopérer
Car tout l’enjeu est là : convaincre les partenaires mondiaux de l’UE de l’accompagner dans sa démarche écologique. Les premiers visés sont les États-Unis et la Chine, les plus gros pollueurs de la planète, mais également les pays en voie de développement.
De retour de Pékin, José Manuel Barroso se veut optimiste. « Mon message à la Chine était clair. Nous ne pouvons pas demander les mêmes engagements aux pays développés et aux pays en voie de développement, mais la croissance sans précédent de la Chine confère de nouvelles responsabilités à ses leaders. Nous n’attendons pas des pays en voie de développement comme la Chine de prendre des engagements absolus de réduction d’émissions de CO2. Cependant, nous pouvons leur expliquer que nous voulons coopérer avec eux pour renforcer leurs contributions à l’effort global, en utilisant toutes les opportunités pour réduire l’intensité de leurs émissions résultant de leur développement économique. »
Nouvelles mesures européennes
Des objectifs, en particulier pour 2020, ont été fixés en mars dernier par les États membres de l’UE : réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, 20% d’énergie d’origine renouvelable et 20% d’efficacité énergétique en plus. Le président de la Commission rappelle que l’exécutif européen présentera une série de nouvelles initiatives « dans les semaines à venir ». « Le 19 décembre nous allons aller plus loin avec des propositions législatives pour réduire les émissions du secteur automobile à 120 grammes par kilomètre en 2012. Et le 23 janvier, un paquet de mesures est prévu sur l’énergie et le changement climatique ». Ce nouveau paquet inclura des propositions pour la promotion des énergies renouvelables, le développement des technologies du charbon et un amendement sur la directive sur le marché d’allocation des quotas.
L’argent ne fait pas tout
Interrogé sur la faiblesse des investissements européens dans la recherche et le développement des nouvelles technologies propres, par rapport aux efforts consentis par la Chine et les États-Unis, José Manuel Barroso considère que la réponse au changement climatique « n’est pas seulement une question d’argent, loin de là. Même avec des fonds limités, l’UE peut créer les bonnes impulsions pour les chercheurs et les investisseurs. »
Lire l’interview dans son intégralité