José Manuel Barroso insiste sur la nécessité pour la Turquie de poursuivre les réformes
Lors de sa première visite en Turquie en tant que président de la Commission, José Manuel Barroso a déclaré que deux nouveaux chapitres pourraient être ouverts dans les négociations d’adhésion avec Ankara d’ici le mois de juillet. Il a cependant précisé que le chemin à parcourir avant de remplir toutes les conditions d’adhésion à l’UE était encore long.
Lors de sa première visite en Turquie en tant que président de la Commission, José Manuel Barroso a déclaré que deux nouveaux chapitres pourraient être ouverts dans les négociations d’adhésion avec Ankara d’ici le mois de juillet. Il a cependant précisé que le chemin à parcourir avant de remplir toutes les conditions d’adhésion à l’UE était encore long.
Après sa réunion avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdo?an,le 10 avril, M. Barroso a déclaré que la Turquie avait considérablement progressé dans la mise en place des normes européennes, tout en soulignant que le pays devait multiplier et accélérer les réformes.
A la veille de son départ pour Ankara, le président de la Commission a déclaré que les Turcs devaient expliquer à l’Europe pourquoi ils souhaitaient adhérer à l’UE. Dans le même temps, la Turquie devra démontrer à l’UE ce que cette dernière gagnera à compter ce nouveau pays parmi ses membres, a précisé José Manuel Barroso.
S’adressant aux parlementaires turcs, M. Barroso a déclaré que les réformes seraient le meilleur moyen de garantir la progression des négociations.
Il a en outre salué la récente initiative du gouvernement turc, qui a soumis au Parlement l’amendement du très controversé article 301 du code pénal, selon lequel toute critique à l’égard de l’identité turque est interdite. (EURACTIV 08/04/08)
« C’est un pas dans la bonne direction, » a souligné le président de la Commission, qui considère que cet article est incompatible avec les valeurs de liberté d’expression qui existent en Europe. M. Barroso a indiqué qu’une modification du texte aurait un impact considérable sur la façon dont la Turquie était perçue en Europe. Le Parlement turc devrait approuver le projet la semaine prochaine.
M. Barroso a également rappelé les préoccupations de l’Union concernant la récente décision de la plus haute cour turque de statuer sur une affaire au sujet de l’interdiction du parti AKP au pouvoir et de ses principaux responsables, notamment M. Erdogan et le président Abdullah Gül (EURACTIV 01/04/08). Il a affirmé que le fait qu’un parti choisi par la majorité de la population turque fasse maintenant l’objet de ce type d’enquête n’était pas normal dans une démocratie stable.
« Nous cherchons une Turquie laïque et démocratique », a-t-il ajouté, « on ne peut imposer ni la religion, ni la laïcité par la force ». Dans la mesure où la Turquie est un pays candidat à l’UE, l’Union ne peut pas être indifférente à ce type de développement, a-t-il expliqué.
Lors d’une conférence de presse commune, MM. Barroso et Erdogan ont rappelé que seule une candidature à part entière de la Turquie à l’UE serait acceptée. L’alternative du partenariat privilégié, voulu notamment par la France, n’est donc pas envisageable, selon les deux responsables.
M. Erdogan espère que la Commission européenne continuera de soutenir la candidature du pays, comme elle l’a fait jusqu’à présent. Il a également souligné que les Turcs étaient largement en faveur de ce « projet stratégique ».