Jeux olympiques : première médaille pour la Seine, qui atteint les exigences européennes de propreté
Les épreuves de natation et de triathlon des Jeux olympiques et paralympiques (JO) de Paris pourront se dérouler dans la Seine, dont la qualité de l’eau est désormais suffisamment bonne, d’après les derniers prélèvements.
Les épreuves de natation et de triathlon des Jeux olympiques et paralympiques (JO) de Paris pourront se dérouler dans la Seine, la qualité de l’eau du fleuve étant désormais suffisamment bonne, d’après les derniers prélèvements.
C’était une promesse très attendue : rendre la Seine assez propre pour qu’elle puisse accueillir les épreuves aquatiques des Jeux olympiques et paralympiques, qui se dérouleront du 26 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre à Paris.
Pour ce faire, le fleuve devait s’aligner sur les normes européennes prévues par la Directive eaux de baignade (2006/7/CE), qui surveille la qualité des eaux accueillant des baigneurs partout en Europe.
La mission semble réussie, puisque la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera et la maire de Paris Anne Hidalgo se sont plongées il y a quelques jours dans le fleuve, afin de prouver que son eau était sans danger pour les athlètes.
« Les résultats sont bons. D’après des prélèvements du 4 et 15 juillet, la qualité de la Seine est conforme à la directive baignade », confirme à Euractiv Lionel Cheylus, porte-parole de la Surfrider Fondation, une ONG qui effectue depuis septembre des prélèvements au niveau du Pont de l’Alma et du Pont Alexandre III.
Des niveaux de bactéries élevés en avril
Le pari était pourtant loin d’être gagné. En avril, la Surfrider Fondation avait dans une lettre ouverte alerté sur la présence d’un niveau élevé de bactéries, faisant part de son inquiétude pour la santé des athlètes.
Sur 14 prélèvements réalisés, 13 révélaient la présence de bactéries issues de matières fécales comme l’Escherichia coli et les entérocoques. Ces dernières peuvent entraîner des conjonctivites, des dermatites, des gastro-entérites ou encore de fortes diarrhées.
En cause notamment les eaux de pluies, mais également les rejets dans le fleuve des eaux usées domestiques, dont le traitement a nécessité d’importants travaux d’assainissement.
Station d’épuration, raccordement au réseau des eaux usées, bassins pour stocker les eaux de pluie, aussi appelés déversoirs d’orages… Au total, la dépollution de la Seine aura coûté 1,4 milliard d’euros, dont la moitié est financée par l’État, le reste provenant des collectivités locales et territoriales.
Victoire donc pour les épreuves de natation et de triathlon prévues les 30 et 31 juillet, pour lesquelles les voyants sont désormais « au vert », d’après l’ONG.
Critiquée pour le coût faramineux de l’opération, la mairie de Paris rappelle que l’assainissement de la Seine fait partie d’un plan plus large qui vise à rendre dès l’été 2025 le fleuve accessible au grand public.
La pluie, l’ennemi
Seule ombre au tableau : la qualité de l’eau de la Seine reste assujettie à la météo, une variable difficilement prévisible. « La pluie est notre plus grand ennemi », confirme Lionel Cheylus.
De fortes intempéries avant les épreuves aquatiques pourraient de nouveau polluer le fleuve et le rendre impropre à la baignade. « On devrait alors reculer les épreuves de quelques jours, le temps de retrouver une qualité de l’eau correcte », estime Lionel Cheylus.
Autre option, utiliser le stade nautique de Vaires-sur-Marne (77), situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Le printemps pluvieux a d’ailleurs retardé la dépollution du fleuve. « Si, aujourd’hui, les résultats de la qualité de l’eau de la Seine sont bien meilleurs, ce n’est pas à 100% grâce aux travaux de la mairie », relève ainsi le porte-parole de l’ONG.
À quelques heures de la cérémonie d’ouverture, qui se déroulera elle aussi sur la Seine vendredi 26 juillet, nul doute que les organisateurs de la compétition surveillent déjà le ciel.