Jean-Paul Debeuret : « Les entreprises françaises ne sont pas suffisamment fiables et pérennes »

La Caravane des entrepreneurs, qui se présente comme un « pôle d’expertise itinérant », a été créée il y a 8 ans par Jean-Paul Debeuret, ancien expert comptable. Pour sa 6ème édition, la Caravane prodiguera des conseils aux porteurs de projets dans 62 villes étapes.

La Caravane des entrepreneurs, qui se présente comme un « pôle d’expertise itinérant », a été créée il y a 8 ans par Jean-Paul Debeuret, ancien expert comptable. Pour sa 6ème édition, la Caravane prodiguera des conseils aux porteurs de projets dans 62 villes étapes.

Quels étaient vos motivations lors du lancement de la Caravane des entrepreneurs en 2001 ?

Tout d’abord le fait qu’on ne crée pas suffisamment d’entreprises en France mais surtout qu’elles ne sont pas suffisamment fiables et pérennes. 50% des entreprises arrêtent leur activité dans les cinq ans qui ont suivi leur création. Le deuxième constat, c’est que 500 000 entreprises seront à transmettre dans les 10 ans à venir, principalement du fait de l’âge des dirigeants, ce qui correspond à 20% des entreprises françaises. Si la transmission se passe mal, c’est du chômage en plus et nous n’en avons vraiment pas besoin.

Quels sont les services proposés par la Caravane et en quoi se différencient-ils des autres structures de conseil aux entreprises ?

Nous avons choisi d’aller au-devant des besoins des entrepreneurs en s’installant sur les places publiques et en proposant des services personnalisés gratuits. Des chapiteaux disposés dans les villes nous servent de bureaux et de salles de conférence. Le visiteur est reçu par un consultant qui réalise un diagnostic de la nature de son projet  : création, reprise, session ou développement d’entreprises, création de franchise etc. En fonction des besoins et des difficultés identifiés, les porteurs de projets sont orientés d’une part vers les experts de la caravane (avocats, comptables, intermédiaires de transmission d’entreprises etc) et d’autre part, vers les conférences que nous organisons.

La Caravane sillonne la France mais également la Belgique et la Suisse. Quels sont les problématiques communes rencontrées par les entrepreneurs dans ces trois pays ?

Ils ont un point commun  : ils vieillissent tous ! Le deuxième, c’est qu’il n’y a pas de dynamisme entrepreneurial extraordinaire dans ces pays. A mon avis, la situation est même pire en Suisse et en Belgique. En Wallonie par exemple, les gens n’ont pas envie de se lancer dans la création d’entreprises.

Pensez-vous étendre votre champ d’intervention à d’autres pays européens ?

Non. Principalement à cause de la barrière de la langue. Nos experts sont implantés localement dans les lieux où la Caravane fait étape. Si nous nous rendons en Allemagne par exemple, il faudrait trouver des consultants allemands, ce qui rend la tâche plus complexe.

Etes-vous sollicité par les porteurs de projet en matière de recherche de subventions européennes ?

La recherche de subventions européennes ne représente que 1% de la recherche de financement des entrepreneurs. Schématiquement, le financement du bas de bilan et du haut de bilan occupent respectivement 90% et 9% de la recherche de financement. Lorsque des demandes de conseils pour obtenir des financements européens se présentent, nous orientons les personnes intéressées vers des cabinets spécialisés dans ce domaine.

Quelles sont les évolutions que vous avez notées dans le paysage de l’entreprenariat entre 2001 et 2009 ?

Deux éléments importants sont à noter. Le statut d’auto-entrepreneur tout d’abord, qui dynamise l’entreprenariat. Même si certains y vont un peu la fleur au fusil sans préparer leur projet. Et puis le phénomène de crise  : beaucoup de gens voulaient transmettre leur entreprise et ont maintenant le pied sur le frein.