Jacques Melitz : «Une taxation des transactions financières en Europe pourrait nuire aux marchés européens»

L’économiste du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) estime que, pour fonctionner, cette taxe doit être mise en place par le FMI.

L’économiste du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) estime que, pour fonctionner, cette taxe doit être mise en place par le FMI.

Au cours du sommet des 10 et 11 décembre, les chefs d’État et de gouvernement européens ont encouragé le FMI à envisager des mesures comme les prélèvements sur les transactions financières et ont demandé à la Commission de travailler sur ce sujet. Qu’impliquerait l’existence d’une telle mesure? 

Cela implique qu’il y aurait un impôt en fonction du volume de transactions en devises étrangères.

Mais si cette législation se fait uniquement en France et au Royaume-Uni, ou plus largement en Europe, cela peut encourager un transfert des transactions financières dans le reste du monde. Cela risque de nuire aux marchés européens et d’encourager les autres. Pour éviter de telles «fuites», la bonne instance pour mettre en place un impôt de ce genre serait plutôt le FMI.

Par ailleurs, comment assure-t-on que ces fonds vont bien servir des causes précises? Si l’on veut que ces fonds soient utilisés pour lutter contre le changement climatique ou aider les pays pauvres, il faudra que cette enveloppe soit allouée à des organismes de matières transparente.

Vous êtes plutôt sceptique?

Oui. Si l’on veut incourager certains types de transfert au niveau européen, on pourrait introduire autre chose qu’un impôt. Pourquoi introduire un impôt sur une activité précise?