Italie: les autonomistes revendiquent la victoire du «oui»
Les présidents de la Vénétie et de la Lombardie ont revendiqué dimanche une victoire écrasante du oui et une participation importante lors du référendum visant à réclamer davantage d'autonomie à Rome. Un article de notre partenaire, Ouest-France.
Les présidents de la Vénétie et de la Lombardie ont revendiqué dimanche une victoire écrasante du oui et une participation importante lors du référendum visant à réclamer davantage d’autonomie à Rome. Un article de notre partenaire, Ouest-France.
Trois semaines après la Catalogne, la Lombardie, riche province industrielle et financière de l’Italie, et la Vénétie voisine ont voté dimanche en faveur d’une autonomie renforcée, lors de référendums non contraignants.
Les habitants de la Lombardie se sont prononcés à 95 % pour davantage d’autonomie, a annoncé tôt lundi le président de la région, Roberto Maroni, en citant des résultats préliminaires. Le « oui » l’a aussi emporté sans surprise à une très forte majorité en Vénétie, selon les premiers résultats.
Le président de la Vénétie, Luca Zaia, a évoqué un « beau résultat », avec « plus de deux millions » d’habitants qui se sont rendus aux urnes. Mais la transmission des résultats a été affectée par une attaque informatique.
« Nous avons trois niveaux de sécurité, les hackers en ont atteint deux. Pour le moment, nous sommes un peu bloqués, nous téléphonons à chaque commune. Les chiffres définitifs, j’imagine que nous les aurons dans quelques heures », a-t-il dit.
« Nous ne sommes pas la Catalogne »
Contrairement à la Catalogne, en crise ouverte avec le pouvoir central à Madrid, il ne s’agit pas d’avancer sur la voie de la sécession, mais d’obtenir de Rome davantage d’autonomie en matière d’éducation, de protection de l’environnement, de sécurité au travail ou de fiscalité.
Un des objectifs est d’attirer les investisseurs étrangers et de tirer profit d’un autre divorce en cours, le Brexit – la capitale lombarde, Milan, est en concurrence avec Barcelone et d’autres villes pour accueillir le siège de l’Agence européenne du médicament, qui va quitter Londres.
« Nous ne sommes pas la Catalogne », a déclaré à Reuters Roberto Maroni. « Nous restons à l’intérieur de la nation italienne avec plus d’autonomie quand la Catalogne veut devenir elle le 29ème État de l’Union européenne. Nous, non. Pas pour le moment », a poursuivi l’ancien ministre. Membre influent de la Ligue du Nord, Roberto Maroni voit la Lombardie en concurrence avec la Catalogne sans pour autant courtiser ouvertement les entreprises qui quittent actuellement la région du nord-est de l’Espagne.
« Nous ne nous réjouissons pas de voir des entreprises fuir la Catalogne. Nous verrons ce qui se passe, mais je n’ai pour l’instant pas encore été contacté par des entreprises catalanes », dit-il.
La Ligue du Nord s’est fait connaître dans les années 1990 en réclamant l’indépendance de la Padanie, qui s’étend dans le nord de l’Italie depuis Milan jusqu’à Venise, le long du bassin fluvial du Pô. La « Lega Nord » ne milite plus pour la sécession, mais, au pouvoir en Lombardie et en Vénétie, réclame une meilleure répartition des recettes fiscales avec le gouvernement central.
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