Italie : le secteur de la santé en grève contre les coupes budgétaires et la dégradation des conditions de travail
Les professionnels italiens de la santé ont entamé une grève de 24 heures mercredi 20 novembre pour protester contre les augmentations salariales jugées insuffisantes dans le secteur public, exhortant le gouvernement à revenir sur le budget de la santé récemment approuvé.
Les professionnels italiens de la santé ont entamé une grève de 24 heures mercredi 20 novembre pour protester contre les augmentations salariales jugées insuffisantes dans le secteur public, exhortant le gouvernement à revenir sur le budget de la santé récemment approuvé.
En Italie, les médecins et les soignants sont descendus dans les rues mercredi 20 novembre pour protester contre la loi de finances. Celle-ci ne contient pas la mesure pourtant vivement souhaitée par le secteur de la santé : des embauches de 30 000 nouveaux employés. À la place, le gouvernement italien suggère des augmentations de salaire minimales que les travailleurs de la santé jugent inadéquates.
Selon les syndicats, la loi réduit également le financement des soins de santé par rapport aux niveaux précédemment annoncés, ce qui témoigne d’un changement inquiétant des priorités.
Cette protestation a également pris la forme d’une grève de 24 heures, susceptible d’annuler jusqu’à 1,2 million d’actes médicaux — bien que les services d’urgence soient toujours garantis.
Les médecins et les infirmiers affirment que les modestes augmentations de salaire proposées dans le budget ne permettent pas de remédier au sous-financement chronique du secteur. Les travailleurs italiens de la santé, en particulier les médecins débutants, sont actuellement parmi les moins bien payés d’Europe.
Les représentants des syndicats ont fait état d’un taux de participation aux grèves allant jusqu’à 85 %, y compris pour les exceptions prévues par la loi.
« Il s’agit d’un message important qui met en lumière les conditions de travail inacceptables dans les hôpitaux italiens et le large soutien de nos collègues à notre cause », ont-ils souligné.
Les syndicats ont indiqué que la protestation découlait d’années de négligence de la part des gouvernements de droite et de gauche, qui, selon eux, ont systématiquement sapé le système de santé public.
Ces derniers ont mis en évidence de nombreux problèmes, tels que l’insuffisance des ressources, la colère des citoyens, la multiplication des agressions à l’encontre des travailleurs de la santé et le mécontentement généralisé.
Ils ont adressé une lettre ouverte à la Première ministre Giorgia Meloni pour lui demander une réunion urgente afin d’aborder les maux profonds à l’origine des manifestations. Les syndicats ont cité l’insuffisance des ressources, l’augmentation de la violence sur le lieu de travail et le mécontentement croissant du personnel.
Giorgia Meloni, qui a été critiquée ces dernières semaines pour ne pas avoir alloué suffisamment de fonds au secteur de la santé dans le budget de l’État, a affirmé à plusieurs reprises que le gouvernement avait attribué plus de fonds à la santé cette année que jamais auparavant — un exploit qu’elle a tenté de mettre en évidence lors d’une apparition télévisée en direct, bien que ses calculs se soient souvent révélés incorrects.
« S’il est vrai que le gouvernement actuel a alloué le montant le plus élevé jamais atteint au Fonds national de santé », selon les syndicats, « ces fonds sont répartis sur les cinq prochaines années et, après avoir pris en compte les renouvellements de contrats, ceux-ci sont bien inférieurs au taux d’inflation, ce qui les rend inadéquats pour soutenir un système de soins de santé déjà en grande difficulté ».
« Ces fonds ne suffisent qu’à maintenir le statu quo », ont-ils ajouté.
Cette grève marque le début d’une vague plus large de conflits sociaux en Italie. Les cheminots prévoient une grève le week-end des 23 et 24 novembre, puis une grève générale sera organisée par le syndicat de la Confédération générale italienne du travail (CGIL-UIL) le 29 novembre.