Italie : la Ligue de Matteo Salvini se tourne vers le PPE et s'éloigne de Marine Le Pen

Le parti de la Ligue de Matteo Salvini, qui fait actuellement partie du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) au sein du Parlement européen aux côtés de Marine Le Pen, souhaite se rapprocher du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, rapporte la presse italienne.

EURACTIV Italie
Rome
Jusqu’à présent, on a appris que les Frères d’Italie de Giorgia Meloni étaient en pourparlers avec Manfred Weber, chef du PPE, pour rejoindre la famille de centre droit de l’Europe. [EPA-EFE/MATTEO BAZZI]

Le parti de la Ligue de Matteo Salvini, qui fait actuellement partie du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) au sein du Parlement européen aux côtés de Marine Le Pen, souhaite se rapprocher du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, rapporte la presse italienne.

En Italie, le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi constitue le membre officiel du PPE et forme une coalition gouvernementale composée de Frères d’Italie et de la Ligue.

Cependant, le quotidien Corriere della Sera a fait état d’un débat de trois heures lors d’une réunion de parti concernant la possibilité pour la Ligue de modifier sa « position » en Europe.

Selon le rapport, aucune décision officielle n’a été prise lors de cette réunion sur la place de la Ligue au Parlement européen, mais la discussion est devenue houleuse.

Jusqu’à présent, on a appris que les Frères d’Italie de Giorgia Meloni étaient en pourparlers avec Manfred Weber, chef du PPE, pour rejoindre la famille de centre droit de l’Europe.

Toutefois, les membres traditionnels et libéraux du PPE s’opposent totalement à une telle discussion avec Mme Meloni et ont même critiqué la décision de M. Weber de jeter des ponts avec l’extrême droite sans consultation préalable.

Selon les informations d’EURACTIV, Mme Meloni, actuellement présidente du parti des conservateurs et réformistes (CRE) à Bruxelles, envisage un partenariat avec le PPE et entretient des liens étroits avec M. Weber.

Une source du PPE proche du dossier a récemment confié à EURACTIV que la famille de centre droit de l’UE souhaitant un membre fort dans un grand pays comme l’Italie, tandis que Mme Meloni désire se présenter comme la nouvelle droite en Italie.

La même source a ajouté qu’il n’y avait pas assez « de temps [d’un point de vue] politique » pour un tel accord avant les élections européennes.

Cependant, il semble maintenant que même le parti de la Ligue, plus extrême que Mme Meloni, envisage également un changement en Europe afin de se distancer des extrémistes et de peser plus lourd à Bruxelles.

Divisions internes

Selon les médias nationaux italiens, la Ligue est divisée sur la question. Son président et vice-premier ministre dans le gouvernement de Giorgia Meloni, Matteo Salvini, n’aurait pas pris position et aurait reconvoqué le Conseil fédéral du parti le 29 mai.

« La priorité de la Ligue est de modifier l’UE, pas de [changer de] groupe politique européen », peut-on lire dans une note officielle de la Ligue à Bruxelles.

Nous « travaillons à construire une alternative à la gauche qui gouverne mal à Bruxelles depuis des années et à faire en sorte que la Ligue devienne de plus en plus un protagoniste en Europe avec ses propres batailles », indique la note, bien qu’aucun membre de la Ligue n’ait démenti ce qui a été divulgué dans les médias nationaux.

Selon les rapports d’Agi, le président de la Chambre des députés Lorenzo Fontana (responsable des Affaires étrangères de la Ligue) aurait affirmé qu’un mouvement « vers la droite » de l’électorat européen était en cours. Par conséquent, la Ligue devrait rester dans le groupe Identité et Démocratie (ID), aux côtés d’alliés historiques tels que le Rassemblement national de Marine Le Pen.

« Nous ne pouvons pas envisager d’être un parti de gouvernement en Italie et des alliés des extrémistes allemands [Alternative pour l’Allemagne] en Europe », aurait affirmé la faction opposée à M. Fontana, selon La Repubblica.

« D’abord, vous vouliez rejoindre le gouvernement de [Mario] Draghi, puis, avec la victoire du centre-droit, nous avons confirmé [notre statut] de parti de gouvernement. Le débouché naturel est d’essayer d’entrer dans la majorité à Strasbourg également, ce qui nous rapprocherait du PPE », aurait déclaré Riccardo Molinari, chef du groupe de la Ligue à la Chambre des députés, soutenu par le ministre de l’Économie et pilier du parti, Giancarlo Giorgetti.