Israël et la Grèce concluent un accord sur la stratégie anti-drones et la cybersécurité

Israël et la Grèce ont acté mardi 20 janvier un renforcement de leur coopération en matière de lutte contre les drones, dans les airs comme en mer, traduisant la montée en puissance de leur partenariat stratégique en matière de défense régionale.

EURACTIV.com
Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias. [Getty Images/Dimitrios Karvountzis_Pacific Press_LightRocket]

L’accord a été scellé à Athènes lors d’une rencontre entre le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, et son homologue grec, Nikos Dendias. Ces échanges s’inscrivent dans la relance des discussions trilatérales entre Israël, la Grèce et Chypre, sur fond de tensions régionales persistantes avec la Turquie voisine.

Le calendrier de cet accord intervient également alors qu’Athènes et Ankara ont repris leur dialogue politique, en se concentrant pour l’instant sur des dossiers jugés moins sensibles, tandis que les différends maritimes restent entiers.

Lors de leurs apparitions publiques, les deux ministres ont souligné qu’Israël et la Grèce sont des démocraties qui apportent de la stabilité à la région.

Faisant référence à la Turquie, Israel Katz a déclaré qu’Israël et la Grèce ne permettraient pas « aux acteurs cherchant à compromettre la stabilité régionale de s’implanter par le terrorisme, l’agression ou des mandataires militaires — en Syrie, à Gaza, en mer Égée ou dans tout autre domaine — et de réaliser leurs dangereuses ambitions ».

De son côté, Nikos Dendias a indiqué que les deux partenaires avaient convenu d’un partage accru d’analyses et d’expertise afin de « pouvoir lutter efficacement contre les plateformes sans pilote », en particulier les essaims de drones aériens et les groupes de drones sous-marins.

Il a ajouté que la collaboration s’étendra également à la lutte contre les menaces dans le cyberespace.

Par ailleurs, le lieutenant-colonel Nadav Sosani de l’armée israélienne a déclaré au journal Kathimerini que Tel-Aviv avait l’intention de partager avec l’armée grecque ses connaissances sur les « secrets » des avions de combat F-35.

« Malheureusement, Israël a acquis une expérience considérable dans ce domaine en raison des menaces auxquelles le pays est confronté. Nous ferons tout notre possible pour partager nos connaissances avec les Grecs », a-t-il affirmé.

Athènes a commandé 20 avions de combat F-35 aux États-Unis, dont la livraison devrait commencer en 2030. En revanche, la Turquie a été officiellement exclue du programme F-35 en 2019 après avoir acquis des systèmes de défense aérienne russes S-400, qui, selon Washington, constituaient une menace pour la sécurité de la technologie sensible du F-35.

Bien que les discussions diplomatiques concernant l’achat potentiel de ces avions par la Turquie se poursuivent, aucun progrès n’a été signalé à ce jour.