Irlande : le plan de sauvetage semble tout proche
Les discussions entre l’Irlande, l’UE et le FMI en vue d’une aide à Dublin porteraient sur un prêt de 45 à 90 milliards d’euros.
Les discussions entre l’Irlande, l’UE et le FMI en vue d’une aide à Dublin porteraient sur un prêt de 45 à 90 milliards d’euros.
Une mission conjointe de la Commission européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne est arrivée jeudi 18 novembre à Dublin pour discuter avec les autorités irlandaises d’un possible plan d’aide.
Peu avant le début des pourparlers, le gouverneur de la Banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, a précisé, à la radio publique irlandaise RTE, s’attendre à l’octroi d’un prêt à Dublin de plusieurs dizaines de milliards d’euros. L’aide devrait consolider les banques irlandaises et stabiliser les finances publiques. »La question d’un apport de liquidités et du financement du système bancaire est pareillement une question primordiale de ces discussions », a souligné devant son parlement le ministre des Finances, Brian Lenihan.
« On espère, en tout cas aussi bien eux (le FMI et l’UE, ndlr) que moi, que les négociations ou discussions porteront leurs fruits et qu’un prêt sera rendu disponible et utilisé dès que nécessaire », a précisé le gouverneur.
Une porte-parole du FMI a annoncé qu’une délégation du Fonds serait à l’œuvre vendredi 19 novembre en Irlande pour évaluer les besoins irlandais. « Il s’agira sans nulle doute d’un prêt très important, sûrement des dizaines de milliards », a précisé M. Honohan, reconnaissant en outre d’importantes sorties de capitaux hors du secteur bancaire irlandais depuis avril.
Réaction positive des marchés
De sources européennes ont indiqué à Reuters que l’Irlande pourrait avoir besoin de 45 à 90 milliards d’euros, suivant que seules ses banques auraient besoin d’aide ou que le déficit public serait également concerné.
Le ministre des Finances irlandais a rappelé que la mission de l’UE-FMI ne dicterait pas à Dublin quels types de dépenses il lui faudrait réduire ou quelles hausses d’impôt opérer dans le cadre de son programme budgétaire quadriennal. Jeudi 18 novembre, sur la radio France Inter, son homologue Christine Lagarde, a pourtant estimé qu’une hausse de la fiscalité irlandaise sur les entreprises pourrait être nécessaire en contrepartie du plan d’aide, laissant prévoir des négociations difficiles.
La possibilité de plus en plus vraisemblable que Dublin accepte un plan de sauvetage a aidé les marchés européens à mettre fin à dix jours de recul. Les Bourses ont clôturé en nette hausse jeudi 18 novembre. « Le marché anticipe (un sauvetage, ndlr) dans une certaine mesure, mais dès que l’annonce sera faite, je pense que les écarts de rendement vont revenir à la normale », a estimé Nick Stamenkovic, analyste technique chez RIA Capital Markets, à Edimbourg (Ecosse).