Investir plus et plus vite : les objectifs de l’UE en matière de défense
Les pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) doivent rapidement augmenter leurs équipements militaires, a déclaré ce mercredi le commissaire européen à la Défense.
BRUXELLES — Les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) doivent rapidement augmenter leurs équipements militaires, a déclaré ce mercredi le commissaire européen à la Défense.
Pour se préparer à une nouvelle guerre, l’OTAN pousse ses membres à augmenter leurs moyens militaires. Et l’Europe doit atteindre ces objectifs « au plus tard en 2030, et non en 2044 comme prévu », a affirmé Andrius Kubilius, commissaire européen en charge de la Défense, lors de la conférence de l’Agence européenne de défense, le 22 janvier.
« L’OTAN et ses États membres évaluent leurs besoins militaires et fixent des objectifs, et l’Union européenne les soutiendra », a continué le commissaire, confirmant ce qu’il avait expliqué à Euractiv avant de rejoindre la Commission.
Pour réduire ce délais, les fonds fléchés pour la défense devront augmenter, alors même que de nombreux États européens font face à des difficultés budgétaires, et que les priorités en matière d’approvisionnement diffèrent d’un pays à l’autre.
De leur coté, les industriels européens demandent des objectifs chiffrés et une planification sur le long terme, afin de monter de nouvelles lignes de production et de construire leurs chaînes d’approvisionnement.
Pour tenter de répondre à ces préoccupations, l’UE devrait présenter en mars prochain un « plan de contribution industrielle », dans le cadre du livre blanc sur la défense. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a confirmé mardi que ce plan était en préparation.
« Nous devons faire le lien entre ce que nous savons de nos lacunes capacitaires et ce que nos industries peuvent produire », a-t-elle expliqué. « Nous pourrons ensuite déterminer la meilleure façon d’aider notre industrie à produire des équipements et à travailler avec nos alliés lorsque nous ne pouvons pas le faire en interne. »
Le plan incitera probablement l’UE à passer d’importantes commandes conjointes, ce qui pourrait stimuler l’industrie du continent, espèrent les dirigeants européens.
Difficile pourtant de savoir pour l’heure qu’elles seront les priorités de production identifiées par le plan. La perspective que l’UE finance des équipements qui s’intègrent dans les objectifs de l’OTAN soulève aussi des questions sur le rôle des pays de l’Union restés militairement neutres, comme l’Autriche, Chypre, l’Irlande et Malte.
L’UE facilite déjà l’acquisition conjointe à petite échelle de munitions, de missiles, de systèmes de défense aérienne et de véhicules.
Allemagne : le chef de la CDU Friedrich Merz est ouvert à ce que l’UE emprunte pour s’armer
BERLIN — Friedrich Merz, tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) pour les élections de…
3 minutes
Qui a les moyens ?
Les dirigeants de l’UE doivent se réunir le 3 février pour discuter du financement de leurs besoins en matière de défense. Le prix de la modernisation des armées européennes est encore loin d’être évident, mais l’achat de ces nouveaux équipements pèsera forcément sur les budgets nationaux.
Pour Andrius Kubilius, l’Europe doit travailler sur plusieurs projets très coûteux : un bouclier de défense aérienne, un bouclier européen de cybersécurité, un bouclier de défense frontalier nord-est, la mobilité militaire et un bouclier spatial, confirmant un certain nombre de plans présentés en octobre dernier.
Certains pays, comme la Pologne ou la Lituanie, sont déjà prêts à consacrer 5 % de leur PIB à la défense, mais la majorité des États européens sont plus réservés quant à la définition de l’objectif financier à atteindre.
« Nous discuterons d’un nouvel objectif situé autour de 3 % du PIB, à atteindre sur une longue période, peut-être en dix ans », confie un diplomate européen à Euractiv.
Kaja Kallas soutient la position de Donald Trump
Kaja Kallas a aussi répété qu’elle était prête à explorer la possibilité de « faire plus » avec les 200 milliards d’euros d’actifs russes gelés.
La Haute représente de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité a souligné que l’Europe devait tenir compte des demandes de Donald Trump.
Le nouveau président des États-Unis a appelé les membres de l’OTAN à augmenter leurs dépenses de défense à hauteur 5 % du PIB, un chiffre que même les États-Unis n’atteignent pas. Il avait auparavant menacé de retirer son soutien aux alliés qui n’atteindraient pas un minimum de 2 %.
Kaja Kallas a affirmé qu’il était temps d’investir, déclarant ce mercredi que « le président Donald Trump a raison de dire que nous ne dépensons pas assez ».
Pour le Premier ministre grec, l’époque de l’externalisation de la défense européenne est révolue
Pour le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche…
2 minutes
[AB et LG]