Interview : l’UE devrait soutenir ses "industries créatives" [FR]
Quelques jours avant le Sommet de printemps, le ministre slovène chargé du développement et de la croissance, Ziga Turk, a annoncé à EURACTIV que soutenir les industries créatives par le biais d'une meilleure protection de la propriété intellectuelle et du développement d’excellentes infrastructures de technologies de l’information doit devenir une priorité pour l'UE au moment où la Chine et l’Inde rattrapent leur retard en matière de recherche et d’innovations scientifiques.
Quelques jours avant le Sommet de printemps, le ministre slovène chargé du développement et de la croissance, Ziga Turk, a annoncé à EURACTIV que soutenir les industries créatives par le biais d’une meilleure protection de la propriété intellectuelle et du développement d’excellentes infrastructures de technologies de l’information doit devenir une priorité pour l’UE au moment où la Chine et l’Inde rattrapent leur retard en matière de recherche et d’innovations scientifiques.
Développer et protéger la créativité européenne
Selon le ministre M. Turk, alors que la stratégie « croissance et emploi » du traité de Lisbonne s’est jusqu’à présent concentrée sur la connaissance, la R&D et l’innovation scientifique, cela fait juste « partie de l’histoire ». Il a déclaré que les activités économiques européennes auront aussi à développer leur créativité maintenant que « la Chine et l’Inde ont également commencé à former de très bons ingénieurs et scientifiques ».
Il affirme que « l’économie créative » est déjà un domaine où l’Europe a un avantage mondial grâce à son héritage culturel conséquent, son goût pour « les belles choses » et « le niveau d’excellence de ses designers et architectes ».
Les industries créatives en Europe sont plus performantes que l’industrie automobile. Il ajoute que c’est l’industrie créative qui fait la différence entre une tasse de café d’une valeur de 0,05 euros et une tasse de café d’une valeur de 5 euros, même quand les coûts de production, quelque part en Chine, sont presque les mêmes pour les deux.
Il souligne que pour que cette approche fonctionne, l’UE doit renforcer son système de protection de la propriété intellectuelle concernant les marques, les modèles ainsi que le contenu numérique.
Il déclare que « le brevet communautaire fait partie de l’agenda depuis longtemps et il est grand temps d’avancer sur ce point » bien qu’il soit plutôt pessimiste quant à la perspective de progresser sur ce sujet très exigeant et difficile lors du Sommet de printemps.
Il ajoute que « les obstacles qui ont entravé la progression sont toujours plus ou moins présents et un pays comme la Slovénie n’est pas en position de chef de file dans ce domaine parce qu’il n’est pas responsable du blocage ». Il encourage aussi vivement les Etats membres à faire preuve de maturité dans ce domaine en précisant que les avantages d’avoir un brevet européen sont supérieurs à tous les autres avantages liés aux langues et à la traduction.
Un meilleur environnement pour les activités économiques
Selon le ministre, l’Europe a des « lacunes » à la fois chez les petites entreprises novatrices et chez les leaders du marché mondial, tous les deux contribuant énormément à la croissance du PIB. Il déclare que le problème principal est le suivant : les conditions économiques pour les petites et moyennes entreprises ne sont pas aussi favorables que dans d’autres pays, comme les Etats-Unis.
Il remarque que « c’est pourquoi nous sommes très enthousiastes, quand il s’agit des conclusions du Sommet de printemps, à l’idée d’adresser un message fort concernant le Small Business Act et l’accès des PME aux principaux moyens de croissance et de développement », y compris le capital-risque et la prise de participation aussi bien que les infrastructures de recherche.
Il déclare qu’améliorer la qualité du système d’enseignement supérieur européen sera aussi essentiel pour aider les entreprises à se développer. Il ajoute qu’alors que la plupart des pays européens ont « des universités d’un niveau plutôt bon et moyen », comparé au reste du monde,l’UE manque toujours d’excellentes universités ».
Garder les individus performants en Europe
M. Turk précise que l’Europe souffre d’une « pénurie de personnes hautement qualifiées » en raison de « la migration substantielle des scientifiques et des ingénieurs de haut niveau vers les Etats-Unis ».
Il déclare que l’UE doit s’assurer qu’elle crée les bonnes conditions pour que ces professionnels restent travailler en Europe, en ajoutant que l’objectif devrait être de stimuler l’économie en exportant essentiellement les métiers mal rémunérés vers les pays économiques du tiers monde tels que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine plutôt que les professions hautement qualifiée ».
Il ajoute que ceci aiderait les hommes politiques à « vendre » l’idée d’ouvrir le marché aux citoyens.
L’institution d’une « cinquième liberté de mouvement » au nom de la connaissance est un des priorités del’agenda du Sommet (EURACTIV 11/03/07).
Continuer la modernisation et les réformes
Il déclare qu’ils espèrent envoyer un message très fort : l’Europe doit continuer dans la voie de la modernisation et des réformes. Selon lui, les nouveaux Etats membres, y compris son propre pays, constatent par eux-mêmes que les grands changements structurels requis pour relever les défis de la mondialisation sont « en fait possibles et pas nécessairement douloureux ».
Il insiste sur le fait que le protectionnisme n’est pas la solution : « A court terme, protéger quelque chose afin d’assurer sa survie peut sembler une idée intéressante. Mais, à long terme, vous nuisez à votre économie si vous ne l’exposez pas à des environnements les plus durs possibles ».
Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.