Inquiétudes des journaux sur la liberté de la presse [FR]

Les éditeurs européens de journaux appellent la présidence suédoise de l’UE à protéger la liberté de la presse en Europe à la suite de tentatives récentes des gouvernements italien et tchèque de restreindre l’accès des journalistes à des informations de mise sur écoute, comme les documents policiers.

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Les éditeurs européens de journaux appellent la présidence suédoise de l’UE à protéger la liberté de la presse en Europe à la suite de tentatives récentes des gouvernements italien et tchèque de restreindre l’accès des journalistes à des informations de mise sur écoute, comme les documents policiers.

Dans une lettre à la ministre suédoise de la Culture Lena Adelsohn Liljeroth, l’Association européenne des éditeurs de journaux (ENPA) a exprimé ses inquiétudes sur le fait que de nouvelles lois en Italie et en République tchèque pourraient avoir de graves conséquences pour le journalisme et en particulier le journalisme d’investigation. 

Une nouvelle loi interdisant aux médias d’accéder à des données des mises sur écoute est entrée en vigueur en République tchèque le 1er avril 2009, bien que la nouvelle législation soit actuellement contestée devant la cour constitutionnelle du pays.

Les journalistes et leurs éditeurs contrevenants peuvent se voir imposer une amende jusqu’à 5 millions de couronnes tchèques (180 000 euros) et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement en cas d’infraction à la nouvelle loi.

Simultanément, une nouvelle loi est en cours de discussion au Sénat italien ; elle pourrait prévoir des amendes pour les journalistes et les éditeurs à hauteur de 5 000 euros et un maximum de 30 jours d’emprisonnement en cas de publication d’informations des mises sur écoute en relation avec des investigations criminelles.

ENPA qui représente plus de 5 200 journaux de 23 Etats membres en plus de la Norvège et de la Suisse, souhaite que les gouvernements condamnent les pratiques d’emprisonnement et d’amende des journalistes qui utilisent de telles données.

Les éditeurs de journaux sont extrêmement préoccupés par le fait que les exemples tchèques et italiens n’aient posé un précédent pour d’autres pays, et ils appellent les dirigeants européens à expliquer pourquoi Prague et Rome ont été autorisés à adopter ces lois avec un tel manque de respect pour la liberté de la presse.

ENPA demande à ce que le Conseil des ministres de l’UE mette en branle des procédures contre les deux gouvernements. Tout au moins, il souhaite que les ministres adoptent une déclaration officielle condamnant ces lois et mettent les autres pays en garde contre la prise de telles mesures.

Le besoin pour les journalistes de pouvoir publier dans l’intérêt du public devrait être mieux protégé en Europe, selon la lettre.